4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 13:38

Elle promenait son grand corps ferme comme un jeune général. Qu’elle soit à cheval ou assise dans un salon. Il émanait d’elle un mélange d’odeur d’écurie et d’eau de rose, et une froideur désintéressée qui attirait les hommes comme des mouches.

Herbjorg Wassmo Le livre de Dina (tome 1)

Qu’est-ce que l’ivresse, sinon la plus jolie courbe qui soit d’un point à un autre ?

Jean-Luc Hennig (L’érotique du vin)

Je suis seul comme tout le monde.

Lui : Alors heureuse ?

Elle : Connard !

La nuit, elles sont toutes belles.

Cette femme à la librairie de Firminy qui me dit quand je lui propose de lui présenter mes livres : « Vous, vous faîtes de la démo ! » Que répondre sinon un beau sourire…

Je ne sais pas quoi écrire alors j’écris un roman.

Se sentir bête, même cela pour certains, c’est au dessus de leur intelligence.

Un des aphorismes des lycéens de Cusset extrait de l’atelier d’écriture : Demain j’irai voir un spectacle qui nettoie les spectateurs.

Je regarde ce dictionnaire historique et critique de 1703 et je me sens vieux.

Je suis fatigué d’exister mais pas de vivre.

On dit que le temps passe mais c’est nous qui trépassons.

Faire des photos comme écrivait Proust.

Jean Lenturlu

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 20:18

Conseil de notre ami Beyle (Souvenirs d’égotisme) :

En arrivant dans une ville je demande toujours :

1er Quelles sont les douze plus jolies femmes.

2e Quels sont les douze hommes les plus riches.

3e Quel est l’homme qui peut me faire pendre.

 

La beauté est parfois tellement trouble que les censeurs n’y voient que leurs laideurs.

 

Dans « Le maquilleur d’étoiles » de Joël Cano : Le désir a besoin de silence pour ne pas s’échapper dans le souffle.

 

Bientôt un nouveau livre – disque de vieilles choses.

 

Envie de me vider entièrement et de flotter.

 

Dans le journal sans date de Gilbert Cesbron : « Passé un certain âge, nos vêtements s’usent moins vite que nous. »

 

Aujourd’hui je vais fabriquer un petit roman de trente pages disait Lautréamont.

 

Je lis « Les aventures des manuscrits de la mer morte ».

 

Paladine qui m’embrasse avant que je parte en me disant : « Je te fais des bisous de chasteté. »

 

Une jeune fille de vingt ans à côté de moi dans le train revenant de Paris qui fait les yeux ronds quand je lui dis que je n’ai pas de télévision chez moi et qui s’exclame : « Vous ne vous ennuyez pas ? »

 

Avoir des projets posthumes.

 

Retrouvé la rue des martyrs et pensé à Paul Léautaud. Les travestis ont disparu et Pigalle est triste.

 

Cette phrase du journal de Jules Renard (qui me fait penser à ma mère) : « Je n’ai rien oublié d’elle, que sa mort. »


Jean Lenturlu

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 19:57

En marge des poèmes de Seamus Heaney, je lis cette note insultante d’un commentateur (certainement anglais !) qui décrit l’Irlande comme « a land of Popes and Pigs and Bogs and Booze » c’est à dire « un pays de Papes et de Porcs, de Tourbières et de Poivrots ».

 

Trouvé un nouveau mot dans « L’érotique du vin » de Jean-Luc Hennig qui est « Abstème » : celui qui ne boit pas de vin (ne pas le dire à mon ami vigneron Patrick Bouju !)

 

L’avenir du monde appartient à la simplicité.

Marcel Jouhandeau (journaliers V 1960)

 

Nicolas Bouvier écrit dans ses carnets du Japon (Le Vide et le Plein) cette phrase qui ressemble à ma vie : « Une vie ingrate et des moments privilégiés ».

 

Dans un beau livre sur l’œuvre subversive et hétéroclite de Marcel Marien cette pépite : « Je fus ma mère pendant neuf mois ».

 

Dans « Fin de partie » de Beckett cette réplique page 28 : « Tu empestes l’air ! ».

 

Je déteste l’adulte qui est en moi.

 

Dans son journal, Lars Noren écrit : « Les pièces littéraires et poétiques me dégoûtent. Je ne veux pas prendre cette voie là. Je ne veux pas écrire de drames liturgiques ou intellectuels. Je suis très attiré par les photos de Bill Jacobson, par le flou, le presque pas développé ou plutôt ce qui disparaît dans le développement. »

 

Devenir le rêve raté de son père.

 

Il vivait d’éclaircies en attendant l’orage.

 

Un petit clin d’œil à François Cavanna, parti il y a quelques jours dans le paradis des empêcheurs de penser en rond, un de ses aphorismes : « Il faut mépriser l’argent, surtout la petite monnaie ».


Jean Lenturlu

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:34

Meilleurs nœuds à tous de la part de Monsieur Bondage.

 

Dans le journal sans date (tome 3) de Gilbert Cesbron, ces deux pensées fumigènes :  « A force de brûler les étapes, on finit par mettre le feu. » et « Au Moyen Age la galanterie était une flamme ardente ; aujourd’hui elle n’est plus qu’un rideau de fumée ».

 

Ce 25 décembre au réveil, mon amour qui me dit : « Bonjour, mon cadeau de Noël ! »

 

Les filles des jambes.

 

Le 14 décembre, cette femme dans la librairie qui souffle en passant devant moi : « Il faut que je m’offre mon cadeau de noël ».

 

Ecrire lentement.

 

Dans les carnets de P-J Proudhon, j’extrais cette note :  La révolution sociale est sérieusement compromise si elle arrive par la révolution politique.

 

Je pense à la corvée du mari.

 

Les écrivains sont comme des médecins légistes.Ils doivent avoir des connaissances sur les mourants.

Lars Noren (journal intime d’un auteur)

 

Il y a des jours où je manque de solitude comme un asthmatique en montagne.

 

Dans « Tout n’est qu’allusion », Marcel Jouhandeau écrit : « Le respect de toute personne humaine relève de la conscience que chacun a de la sienne propre. »

 

Je suis devenu un cadeau de noël alors qu’à vingt ans je voulais être une plante carnivore.

 

Pour bien démarrer cette année 2014, un petit dicton de mon ami Joseph Joubert : Tout doit passer par quelque étamine.

 

Jean Lenturlu

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 21:10

Je pense souvent à lui quand je ferme les yeux.

 

Trouvé chez un bouquiniste de Saint-Etienne plusieurs « journaliers » de Marcel Jouhandeau compilant notes et pensées qu’il égrène au fil de son existence. Cette réflexion de 1960 : « Le respect de toute personne humaine relève de la conscience que chacun a de la sienne. »

 

J’oublie tous les jours que je suis heureux.

 

Dans un texte qui s’intitule « Questionnaire » que Roland Topor écrit en 1981, cette belle réponse à la question « ce que vous appréciez le plus chez vos amis ». Il répond :  « La production de gaîté. La gaîté n’existe pas dans la nature. C’est une matière extrêmement rare. »

 

J’ai été un mordant personnage qui avait les crocs mais maintenant je suis très sympathique avec ma muselière.

 

Une loi qui obligerait à refaire sa vie tous les dix ans comme les façades. Matthieu Galey (journal 10 juin 1977)

 

Il faut toujours écrire sa lettre d’amour comme si c’était la dernière.

 

Cette belle maxime de Julien Gracq (à mettre en exergue à l’entrée des écoles de toutes sortes) : En Art, il n’y a pas de règles, il n’y a que des exemples.

 

Le peintre Francis Bacon parlant de Giacometti : Je sais qu’il a dit un jour que la grande aventure pour lui, c’était de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour, dans le même visage.

 

Tout ce travail pour être libre.

 

Pour finir ce mois de novembre avec cette petite pépite intellectuelle de Stendhal : Penser est le moins cher des plaisirs.

 

Jean Lenturlu

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 10:13

Je ne me donne pas d’âge.

 

Concert avec mon complice Christophe Nurit à Charlieu en septembre dans un petit lieu agréable. Après trente ans de scène, enfin je me sens en harmonie avec moi (sans alcool) et donc avec Christophe et les spectateurs, ce qui produit du plaisir à tous.

 

Je lis les lettres de Madame Du Deffand qu’elle écrit à Voltaire dont ceci : « Je n’aime point à sentir que l’auteur que je lis songe à faire un livre, je veux imaginer qu’il cause avec moi. »

 

Cette devinette enfantine en exergue de « L’Embellie » de Audur Ava Olafsdottir : Où y a-t-il des villes mais pas de maisons, des routes mais pas de voitures, des forêts mais pas d’arbres ?

Réponse : sur la carte.

 

En entretien radiophonique sur France Culture, l’auteur – metteur en scène de théâtre Joël Pommerat qui dit : J’ai écrit pour pouvoir penser.

 

Cette forme sophistiquée de la légende qu’est l’histoire. (Pierre Michon)

 

Jean Cocteau à qui l’on reprochait  « vous êtes un touche à tout » répondit : Non, tout me touche.

 

Il a toute la vie derrière lui.

 

Epuisé par le silence des nuits et le bruit des jours.

 

Ma seule réussite : ne pas arriver à faire mon œuvre.

 

Manquer d’air pour un faux chanteur comme moi est trop comique.

 

Cette pensée glanée dans les Caractères de La Bruyère pour finir :

Je ne mets au dessus d’un grand politique que celui qui néglige de le devenir, et qui se persuade de plus en plus que le monde ne mérite point qu’on s’en occupe.


Jean Lenturlu 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 09:34

Les belles photos de Sergio Larrain dont j’ai découvert le travail à Nevers à la librairie Le Cyprès ainsi que cette note : «  La photographie est un concentré de conscience. »

 

Dans ce roman, il n’y a rien, que des mots et quelques belles phrases.

 

« Après ils me feraient une piqûre dans la tête – avec une grosse aiguille pleine de saloperies qui rendent ton crâne transparent. Et puis ils me mettraient dans une boîte. Cette boîte aurait un interrupteur qui ferait briller mes pensées de couleurs différentes dans mon crâne transparent. Pour qu’ils puissent les lire. Télépathie forcée – c’est le dernier stade pour accéder au contrôle total de l’esprit. 

Jenni Fagan (La sauvage)

 

Allongée sur le divan, elle me serre la main très fort en balbutiant des mots polis sans me reconnaître et je regarde avec effroi son avatar de femme qui maintenant la remplace jusqu’à la délivrance.

 

Cette inscription votive sur un camion en Iran croisé par Nicolas Bouvier et qu’il mentionne dans « L’usage du monde » : Tvvak’kalto al Allah (C’est moi qui conduis mais Dieu est responsable).

 

Envie de salir ta beauté encore.

 

J’aime avoir des nouvelles de la Rome antique en lisant les lettres de Cicéron à Atticus et je m’inquiète avec lui pour la République qui semble basculer peu à peu dans la dictature. César ou Pompée ? Qui aurais-je choisi ?

 

Ne pas être un écrivain, non, surtout pas ! L’écriture est l’usine des biens - pensants et des ouvriers du cerveau. Rester près de la source aux fulgurances.

 

En parlant de fulgurance, ces deux perles issues d’un atelier d’écriture d’aphorismes dans un collège de l’Allier avec des enfants en difficulté scolaire, âgés d’une douzaine d’années : « Le mouton ne peut compter que sur lui même pour s’endormir » et  « Il faut savoir se planter pour se cultiver ».

 

 

Jean Lenturlu

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 20:12

Il ne faut pas écrire des livres, il faut les vivre.

 

La rentrée littéraire des romanciers, c’est comme le retour des vacanciers qui reprennent le travail (ou le contraire ?)

 

Vous avez une très jolie voix, je vous encourage à continuer.

 

J’aime beaucoup vous tutoyer madame.

 

Ce 18 août 2013 : marre de faire le trottoir.

 

Reçu par la poste un beau cadeau d’une jeune libraire ; deux petits livrets d’aphorismes de Georges Elliautou édités par les amis de la poésie à Bergerac dont voici quelques extraits à partager :

« Suivre un général au combat c’est passer devant lui. »

« Ceux pour qui écrire est un esclavage utilisent des nègres. »

« Le créateur a des ailes et le critique une plume. »

« On s’estime d’autant moins raciste que l’on se croit supérieur. »

« Le pouvoir permet à l’homme d’être l’égal de la femme. »

 

Je ne dis plus rien et je les regarde.

 

Ils ne sont pas fruits, ces murs !

 

Après « La compagnie blanche » de Conan Doyle, je continue dans la veine médiévale avec « Le nom de la rose » d’Umberto Eco :

Les seigneurs aussi avaient des faces blanches comme les pauvres encore que, observa Salvatore, les pauvres mourussent davantage que les seigneurs, sans doute (observa-t-il avec un sourire) parce qu’ils étaient en plus grand nombre… Un setier coûtait quinze sous, un boisseau soixante sous, les prédicateurs annonçaient la fin des temps, mais les géniteurs et les aïeux de Salvatore se rappelaient que ça n’était pas la première fois, tant et si bien qu’ils en avaient tiré la conclusion que les temps étaient toujours sur le point de finir.

 

Pour achever ce mois, une pensée de notre ami Joseph Joubert :

Il est encore plus facile de se tromper sur le vrai que sur le beau.

 

 Jean Lenturlu

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 09:22

Moins de dédicaces cet été et plus de camping. Les vacances me fatiguent.

 

Des embûches semées de vie.

 

Mettre sur ma carte de visite : faux chanteur.

 

Conseil de lecture pour l’été :  La Compagnie Blanche, un roman de Sir Arthur Conan Doyle qui restitue magnifiquement l’esprit des chevaliers du moyen âge et l’atmosphère de la guerre de cent ans, cela écrit par un irlandais frustré par le succès de Sherlock Holmes !

Ce petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche : « Laissez-moi remplir mon gobelet d’abord, les enfants, car un récit comme celui-là donne soif. C’est lorsque tomberont les premières feuilles que le Prince se mit en route : il traversa l’Auvergne, le Berry, l’Anjou et la Touraine. En Auvergne les filles sont jolies, mais le vin est aigre. Dans le Berry, ce sont les filles qui sont aigres et le vin riche. L’Anjou est un merveilleux pays pour les archers, car le vin et les femmes vont de pair. En Touraine je n’ai rien gagné sauf des coups sur ma caboche, mais à Vierzon j’ai eu de la chance : j’ai obtenu un ciboire d’or de la cathédrale, et j’en ai tiré neuf ducats génois chez l’orfèvre de la rue du Mont-Olive. De là nous sommes allés à Bourges, où j‘ai conquis une tunique de soie couleur de feu et une très belle paire de souliers avec des glands de soie et des clous d’argent. »

 

J’aime t’attendre quand tu ne viens pas.

 

A Vienne, devant la librairie Lucioles, cette femme qui s’exclame devant le zoo des orphelines : « Et ben dis donc, après avoir regardé votre livre, il faut prendre une bonne cuite pour oublier ce qu’on a lu ! »

 

Pendant mes vacances, m’entraîner à sourire et à dire bonjour pour ne pas avoir l’air trop crispé en septembre pour la rentrée littéraire.

 

Je suis un noteur, ce qui est déjà quelque chose.

 

Ecrire des bribes de littérature, comme les pièces d’un puzzle qui serait ma vie.

 

Je vais lire cet été sur la plage de mes tourments les sermons de Maître Eckhart (les éditions du Seuil 1974) trouvé par hasard hier à l’Emmaüs de Puy - Guillaume.

 

Je me sens insensible.

 

Un aphorisme d’Erik Satie pour méditer ce mois d’août : « Je ne lis jamais un journal de mon opinion : celle-ci serait faussée. »

 

Jean Lenturlu

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 15:25

Tout d’abord, je dois ici confesser toutes mes fautes (du moins celles qui sont sur ce blog). Paul Valéry écrivait quelque part : « Cette criminelle orthographe ! » Un monsieur de la région de Valence a trouvé les trois fautes d’orthographe de mon journal de mai. Félicitations ! (il n’est peut-être pas le seul ?) il a gagné à ne pas me rencontrer en dédicace, outré qu’un "Auteur" (ou noteur) maltraite à ce point la langue française (dixit un courriel acide à la librairie Notre Temps). Dommage que ce monsieur préfère la forme au fond, et que cette forme, toute relative dans le temps, l’éloigne de la vie… L’orthographe, c’est le style des imbéciles ! J’avoue que je suis un anti-grammairien fourbe qui fait semblant de collaborer (mal) et que j’écris nénufar sans ph parce que ce mot ne vient pas du grec mais de l’arabe !


Ecrire un livre où il n’y aurait que des fautes et des coquilles…


Avoir une tête à blagues.


J’ai monté ma petite entreprise (privé de désert) parce que je préfère me faire exploiter par moi-même que par les autres.


Dans son livre l’usage du monde, Nicolas Bouvier écrit : « La mobilité sociale du voyageur lui rend l’objectivité plus facile. »


Fouché, représentant du peuple en mission le 10 octobre 1793  à Nevers prend un arrêté interdisant d’exercer les cultes « en dehors de leurs temples respectifs », ordonnant de détruire « toutes les enseignes religieuses » se trouvant dans les lieux publics, et indiquant qu’à la porte des cimetières figurera l’inscription : La mort est un sommeil éternel. Une histoire de la révolution française d’Eric Hazan


Je lis le très bouleversant journal d’Hélène Berr qui montre bien le dilemme du juif pendant l’occupation allemande en France (fuir, s’exiler est une lâcheté et comment accepter l’ignominie des nazis et du régime de Vichy ?)

Hélène Berr porte avec douleur l’étoile jaune, rencontre des regards bienveillants et d’autres qui la rejettent. Parfois, elle refuse de la porter au risque de se faire déporter et ne comprend pas que le peuple français (catholique en majorité) accepte ce qui est fait aux juifs. Le mercredi 24 juin 1942, apprenant l’arrestation de son père par la Gestapo elle écrit : « Il fait toujours beau dans les catastrophes. » Elle mourra du typhus en déportation à Bergen-Belsen début avril 1945, quelques jours avant la libération du camp par les anglais. Elle avait 24 ans.


Je déteste les vacances, surtout celles de l’esprit.


Jean Lenturlu

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