1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 19:23

Un nouveau livre disque approche lentement comme un bateau au loin...

La dureté de leurs yeux.

Moi, je dors derrière la télé.

Pour écrire un aphorisme, il faut penser sans réfléchir.

Contrairement à ce qu'on croit la presse ce n'est pas l'aventure, c'est presque toujours la mésaventure. Plus ça va mal, plus il y a de photographes, et là où il y a beaucoup de photographes on peut être sûr qu'on ne photographiera que des choses sans importance. Robert Doisneau (entretien avec Sylvain Roumette)

Dans cette forêt tropicale de l'angoisse qu'est la nuit chantent les murmures inquiets des enfants qui dorment, à cheval sur leurs rêves...

Dans « Le cercle », Saint-Evremond affirme, en 1656, que les précieuses font consister leur plus grand mérite « à aimer tendrement leurs amants sans jouissance et à jouir solidement de leurs maris avec aversion ». Alfred Simon (Molière qui êtes-vous ?)

Et à tout prendre, pour un auteur, il est moins fatigant de poser à l'écrivain-qui-écrit qu'à l'écrivain-qui-n'écrit-pas. Pierre Michon (Trois auteurs)

En hommage à tous ces footballeurs qui transpirent au Brésil, cette pensée de George Best (le meilleur du monde avec Socrates) : « J'ai dépensé tout mon argent en filles, en verres et en voitures. Tout le reste je l'ai gaspillé. »

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 19:46

A la Maison Jaune de Neuville sur Saône ce samedi, cette dame qui me dit : « Il paraît que vos chansons sont olé olé ! »

L'escroquerie du pompon du manège à la fête foraine que le monsieur laisse attraper à l'enfant de son choix. Louise, joyeuse d'être la gagnante alors qu'elle n'est que l'heureuse élue... Cela me fait penser un peu aux élections.

De loin, elle très belle.

"Ce qui permet l'outrecuidance de la jeunesse, c'est qu'elle ignore la durée du temps, au point de se croire éternelle. A mesure qu'on avance en âge, l'expérience vous met au pas de la fuite des jours, dont les derniers sont si courts qu'ils ne comptent pas." Marcel Jouhandeau « Etre inimitable » Journaliers VI 1960

En Iran, enlever son voile en public coûte 70 coups de fouet et 60 jours de prison. Des dizaines d'iraniennes bravent cet interdit via les réseaux sociaux et témoignent : « Ma terre natale est pleine de mouvements furtifs. On rit, on dans, on chante, on s'embrasse et on s'enlace furtivement, et notre gouvernement vole, tue, viole et fouette furtivement. »

Je ne chante que sous la contrainte d'un salaire (et encore).

A Valence le 16 mai, devant la librairie Notre Temps : « Vous n'êtes là qu'aujourd'hui ? Malheureusement le porte-monnaie est vide ! »

"Il regarda le sol, le mur et finit par mon épaule gauche. Je pensai à l'irritation que j'avais éprouvée la première fois que j'avais constaté ce comportement caractéristique et à quel point je le trouvais touchant aujourd'hui. Les paratonnerres ne vous regardent pas dans les yeux." Craig Johnson « L'indien blanc »

J'aime la littérature sans mots.

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 19:36

C'est en s'exposant aux regards des autres qu'on se connaît écrit Marcel Jouhandeau dans ses journaliers (1960) et c'est ce que je fais tous les jours de dédicace ; les autres jours je me cache...

Les boucheries de l'aube et les soirs de porcelaine. (Philippe Bosser)

Sur la quatrième de couverture d'un livre singulier intitulé "Tendre à" de Marie-Laure Dagoit, découvert à la librairie Obliques à Auxerre, il y avait ceci : " Selon une tradition du III siècle attestée par Tertullien, Marie la Folle, par humilité, aurait demandé à être crucifiée face à la croix, cul au public."

Je fais des photes d'ortographe pour emmerder les puristes et le correcteur de mon ordinateur.

J'écris ce que j'oublie ou l'inverse, ou les deux ensemble.

Beaucoup d'émotion en regardant après une nuit grise les quatre courts métrages de Chris Marker qui accompagne "Le fond de l'air est rouge".

A mettre sur sa carte de visite : J'ai l'évidente santé des êtres indésirables. (Antoine Brea)

Perdre conscience d'elle-même à ses pieds.

Avoir des bouffées d'humiliation et avoir honte d'être fier.

Il écrit bêtement des chefs d'oeuvre.

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 13:38

Elle promenait son grand corps ferme comme un jeune général. Qu’elle soit à cheval ou assise dans un salon. Il émanait d’elle un mélange d’odeur d’écurie et d’eau de rose, et une froideur désintéressée qui attirait les hommes comme des mouches.

Herbjorg Wassmo Le livre de Dina (tome 1)

Qu’est-ce que l’ivresse, sinon la plus jolie courbe qui soit d’un point à un autre ?

Jean-Luc Hennig (L’érotique du vin)

Je suis seul comme tout le monde.

Lui : Alors heureuse ?

Elle : Connard !

La nuit, elles sont toutes belles.

Cette femme à la librairie de Firminy qui me dit quand je lui propose de lui présenter mes livres : « Vous, vous faîtes de la démo ! » Que répondre sinon un beau sourire…

Je ne sais pas quoi écrire alors j’écris un roman.

Se sentir bête, même cela pour certains, c’est au dessus de leur intelligence.

Un des aphorismes des lycéens de Cusset extrait de l’atelier d’écriture : Demain j’irai voir un spectacle qui nettoie les spectateurs.

Je regarde ce dictionnaire historique et critique de 1703 et je me sens vieux.

Je suis fatigué d’exister mais pas de vivre.

On dit que le temps passe mais c’est nous qui trépassons.

Faire des photos comme écrivait Proust.

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 20:18

Conseil de notre ami Beyle (Souvenirs d’égotisme) :

En arrivant dans une ville je demande toujours :

1er Quelles sont les douze plus jolies femmes.

2e Quels sont les douze hommes les plus riches.

3e Quel est l’homme qui peut me faire pendre.

 

La beauté est parfois tellement trouble que les censeurs n’y voient que leurs laideurs.

 

Dans « Le maquilleur d’étoiles » de Joël Cano : Le désir a besoin de silence pour ne pas s’échapper dans le souffle.

 

Bientôt un nouveau livre – disque de vieilles choses.

 

Envie de me vider entièrement et de flotter.

 

Dans le journal sans date de Gilbert Cesbron : « Passé un certain âge, nos vêtements s’usent moins vite que nous. »

 

Aujourd’hui je vais fabriquer un petit roman de trente pages disait Lautréamont.

 

Je lis « Les aventures des manuscrits de la mer morte ».

 

Paladine qui m’embrasse avant que je parte en me disant : « Je te fais des bisous de chasteté. »

 

Une jeune fille de vingt ans à côté de moi dans le train revenant de Paris qui fait les yeux ronds quand je lui dis que je n’ai pas de télévision chez moi et qui s’exclame : « Vous ne vous ennuyez pas ? »

 

Avoir des projets posthumes.

 

Retrouvé la rue des martyrs et pensé à Paul Léautaud. Les travestis ont disparu et Pigalle est triste.

 

Cette phrase du journal de Jules Renard (qui me fait penser à ma mère) : « Je n’ai rien oublié d’elle, que sa mort. »


Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 19:57

En marge des poèmes de Seamus Heaney, je lis cette note insultante d’un commentateur (certainement anglais !) qui décrit l’Irlande comme « a land of Popes and Pigs and Bogs and Booze » c’est à dire « un pays de Papes et de Porcs, de Tourbières et de Poivrots ».

 

Trouvé un nouveau mot dans « L’érotique du vin » de Jean-Luc Hennig qui est « Abstème » : celui qui ne boit pas de vin (ne pas le dire à mon ami vigneron Patrick Bouju !)

 

L’avenir du monde appartient à la simplicité.

Marcel Jouhandeau (journaliers V 1960)

 

Nicolas Bouvier écrit dans ses carnets du Japon (Le Vide et le Plein) cette phrase qui ressemble à ma vie : « Une vie ingrate et des moments privilégiés ».

 

Dans un beau livre sur l’œuvre subversive et hétéroclite de Marcel Marien cette pépite : « Je fus ma mère pendant neuf mois ».

 

Dans « Fin de partie » de Beckett cette réplique page 28 : « Tu empestes l’air ! ».

 

Je déteste l’adulte qui est en moi.

 

Dans son journal, Lars Noren écrit : « Les pièces littéraires et poétiques me dégoûtent. Je ne veux pas prendre cette voie là. Je ne veux pas écrire de drames liturgiques ou intellectuels. Je suis très attiré par les photos de Bill Jacobson, par le flou, le presque pas développé ou plutôt ce qui disparaît dans le développement. »

 

Devenir le rêve raté de son père.

 

Il vivait d’éclaircies en attendant l’orage.

 

Un petit clin d’œil à François Cavanna, parti il y a quelques jours dans le paradis des empêcheurs de penser en rond, un de ses aphorismes : « Il faut mépriser l’argent, surtout la petite monnaie ».


Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:34

Meilleurs nœuds à tous de la part de Monsieur Bondage.

 

Dans le journal sans date (tome 3) de Gilbert Cesbron, ces deux pensées fumigènes :  « A force de brûler les étapes, on finit par mettre le feu. » et « Au Moyen Age la galanterie était une flamme ardente ; aujourd’hui elle n’est plus qu’un rideau de fumée ».

 

Ce 25 décembre au réveil, mon amour qui me dit : « Bonjour, mon cadeau de Noël ! »

 

Les filles des jambes.

 

Le 14 décembre, cette femme dans la librairie qui souffle en passant devant moi : « Il faut que je m’offre mon cadeau de noël ».

 

Ecrire lentement.

 

Dans les carnets de P-J Proudhon, j’extrais cette note :  La révolution sociale est sérieusement compromise si elle arrive par la révolution politique.

 

Je pense à la corvée du mari.

 

Les écrivains sont comme des médecins légistes.Ils doivent avoir des connaissances sur les mourants.

Lars Noren (journal intime d’un auteur)

 

Il y a des jours où je manque de solitude comme un asthmatique en montagne.

 

Dans « Tout n’est qu’allusion », Marcel Jouhandeau écrit : « Le respect de toute personne humaine relève de la conscience que chacun a de la sienne propre. »

 

Je suis devenu un cadeau de noël alors qu’à vingt ans je voulais être une plante carnivore.

 

Pour bien démarrer cette année 2014, un petit dicton de mon ami Joseph Joubert : Tout doit passer par quelque étamine.

 

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 21:10

Je pense souvent à lui quand je ferme les yeux.

 

Trouvé chez un bouquiniste de Saint-Etienne plusieurs « journaliers » de Marcel Jouhandeau compilant notes et pensées qu’il égrène au fil de son existence. Cette réflexion de 1960 : « Le respect de toute personne humaine relève de la conscience que chacun a de la sienne. »

 

J’oublie tous les jours que je suis heureux.

 

Dans un texte qui s’intitule « Questionnaire » que Roland Topor écrit en 1981, cette belle réponse à la question « ce que vous appréciez le plus chez vos amis ». Il répond :  « La production de gaîté. La gaîté n’existe pas dans la nature. C’est une matière extrêmement rare. »

 

J’ai été un mordant personnage qui avait les crocs mais maintenant je suis très sympathique avec ma muselière.

 

Une loi qui obligerait à refaire sa vie tous les dix ans comme les façades. Matthieu Galey (journal 10 juin 1977)

 

Il faut toujours écrire sa lettre d’amour comme si c’était la dernière.

 

Cette belle maxime de Julien Gracq (à mettre en exergue à l’entrée des écoles de toutes sortes) : En Art, il n’y a pas de règles, il n’y a que des exemples.

 

Le peintre Francis Bacon parlant de Giacometti : Je sais qu’il a dit un jour que la grande aventure pour lui, c’était de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour, dans le même visage.

 

Tout ce travail pour être libre.

 

Pour finir ce mois de novembre avec cette petite pépite intellectuelle de Stendhal : Penser est le moins cher des plaisirs.

 

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 10:13

Je ne me donne pas d’âge.

 

Concert avec mon complice Christophe Nurit à Charlieu en septembre dans un petit lieu agréable. Après trente ans de scène, enfin je me sens en harmonie avec moi (sans alcool) et donc avec Christophe et les spectateurs, ce qui produit du plaisir à tous.

 

Je lis les lettres de Madame Du Deffand qu’elle écrit à Voltaire dont ceci : « Je n’aime point à sentir que l’auteur que je lis songe à faire un livre, je veux imaginer qu’il cause avec moi. »

 

Cette devinette enfantine en exergue de « L’Embellie » de Audur Ava Olafsdottir : Où y a-t-il des villes mais pas de maisons, des routes mais pas de voitures, des forêts mais pas d’arbres ?

Réponse : sur la carte.

 

En entretien radiophonique sur France Culture, l’auteur – metteur en scène de théâtre Joël Pommerat qui dit : J’ai écrit pour pouvoir penser.

 

Cette forme sophistiquée de la légende qu’est l’histoire. (Pierre Michon)

 

Jean Cocteau à qui l’on reprochait  « vous êtes un touche à tout » répondit : Non, tout me touche.

 

Il a toute la vie derrière lui.

 

Epuisé par le silence des nuits et le bruit des jours.

 

Ma seule réussite : ne pas arriver à faire mon œuvre.

 

Manquer d’air pour un faux chanteur comme moi est trop comique.

 

Cette pensée glanée dans les Caractères de La Bruyère pour finir :

Je ne mets au dessus d’un grand politique que celui qui néglige de le devenir, et qui se persuade de plus en plus que le monde ne mérite point qu’on s’en occupe.


Jean Lenturlu 

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 09:34

Les belles photos de Sergio Larrain dont j’ai découvert le travail à Nevers à la librairie Le Cyprès ainsi que cette note : «  La photographie est un concentré de conscience. »

 

Dans ce roman, il n’y a rien, que des mots et quelques belles phrases.

 

« Après ils me feraient une piqûre dans la tête – avec une grosse aiguille pleine de saloperies qui rendent ton crâne transparent. Et puis ils me mettraient dans une boîte. Cette boîte aurait un interrupteur qui ferait briller mes pensées de couleurs différentes dans mon crâne transparent. Pour qu’ils puissent les lire. Télépathie forcée – c’est le dernier stade pour accéder au contrôle total de l’esprit. 

Jenni Fagan (La sauvage)

 

Allongée sur le divan, elle me serre la main très fort en balbutiant des mots polis sans me reconnaître et je regarde avec effroi son avatar de femme qui maintenant la remplace jusqu’à la délivrance.

 

Cette inscription votive sur un camion en Iran croisé par Nicolas Bouvier et qu’il mentionne dans « L’usage du monde » : Tvvak’kalto al Allah (C’est moi qui conduis mais Dieu est responsable).

 

Envie de salir ta beauté encore.

 

J’aime avoir des nouvelles de la Rome antique en lisant les lettres de Cicéron à Atticus et je m’inquiète avec lui pour la République qui semble basculer peu à peu dans la dictature. César ou Pompée ? Qui aurais-je choisi ?

 

Ne pas être un écrivain, non, surtout pas ! L’écriture est l’usine des biens - pensants et des ouvriers du cerveau. Rester près de la source aux fulgurances.

 

En parlant de fulgurance, ces deux perles issues d’un atelier d’écriture d’aphorismes dans un collège de l’Allier avec des enfants en difficulté scolaire, âgés d’une douzaine d’années : « Le mouton ne peut compter que sur lui même pour s’endormir » et  « Il faut savoir se planter pour se cultiver ».

 

 

Jean Lenturlu

Partager cet article

Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article

Bienvenue

  • : Le blog de Jean Lenturlu
  • Le blog de Jean Lenturlu
  • : Journal mensuel du noteur (et chanteur) Jean Lenturlu
  • Contact

Jean Lenturlu

  • Jean Lenturlu

Concerts

 

 

 

Retrouvez les livres et les chansons de Jean Lenturlu sur www.mapetitedistribution.com

 

 

Recherche

Rubriques

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog