7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 14:59

Je suis très énervé que ce blog soit maintenant pollué depuis quelques semaines par des encarts publicitaires et je m'en excuse auprès de mes fidèles lecteurs. Je songe à déménager sur un site autonome, ce qui va me demander un peu de temps et aussi un peu de monnaie...

 

Cette pensée lumineuse de Chantal Thomas que je ne crois pas avoir notée sur ce journal : « Pour bien vivre il faut réussir son couple avec soi-même. »

 

J'aime les activités pluri - indisciplinaires.

 

A Grenoble ce samedi 6 septembre devant la librairie La Dérive, ce monsieur tout à coup craintif en me voyant et qui s'exclame en montrant du doigt sa femme :

« C'est pas moi qui lit, c'est elle ! ».

 

L'amour, inaccessible, me regarde de loin, en souriant bêtement.

 

Tous ces gens qui se croisent sans se regarder, les yeux rivés sur leur téléphone...

 

Dans « Les chaussures italiennes », très beau livre d'Henning Mankell cet extrait : « La morte avait un beau visage. Il y a une beauté spéciale qui n'appartient qu'aux femmes très âgées. Dans leurs rides sont inscrits toutes les marques, tous les souvenirs de la vie écoulée. Je parle des femmes très âgées, celles dont la terre réclame déjà le corps. »

 

Un peu triste d'avoir fini les 8 « Journaliers » de Marcel Jouhandeau que j'avais acheté à un bouquiniste de Saint-Etienne il y a quelques mois. Cette réflexion qui me va bien, trouvée dans    « La possession » journaliers de 1963 : « Je pense que l'amour devient merveilleux, à partir du moment où il évite toutes les érosions pour n'être plus qu'un jeu, une simulation, un simulacre, quand il se réduit à des rites purement cérémoniels,  à l'adoration. »

 

J'ai regardé sur internet il y a quelques jours « La maman et la putain » de Jean Eustache avec beaucoup d'intérêt et noté cette phrase que dit Jean-Pierre Léaud :

« Quel plus grand hommage peut-on rendre à un homme qu'on admire que de lui prendre sa femme ? »

Ce qui confirme ce que je pense : il faut toujours se méfier de ses admirateurs !

 

Le nouveau LD avance comme un bateau - fantôme au loin dans la brume de l'avenir... Le mastering est achevé, la SDRM payée (tout cela est bien barbare) et la relecture est en cours pour chasser les coquilles. Le tout à l'imprimerie autour du 15 septembre et sortie un mois après...

 

Finir par Sénèque ce mois-ci ne vous fera pas de mal : Veux-tu savoir où tu seras après la mort ? Où sont les choses à naître.

 

Jean Lenturlu

 

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 12:15

Il n'y a pas d'âge pour mourir jeune.

 

Je cherche encore la femme que j'aime.

 

Il avait des pieds d'intellectuel.

 

Ce monsieur à Vienne qui m'achète « Ouverture facile » et qui me dit en partant : « Vous êtes un drôle de loustic ! »

 

Envie de boire des bières ; je me retiens du gosier.

 

Sous la bruine, de belles femmes humides...

 

Je souffre d'un syndrome romantique épuisant : dés que je rentre dans un bar, je tombe amoureux de la serveuse.

 

Toujours mon petit Marcel Jouhandeau quotidien, dans « Confrontation avec la poussière » journaliers d'octobre 1963 à février 1964, je note : « Si Dieu ressemble à ceux qui font profession de Le servir, je me donne au Diable. Jésus – Christ ne se plaisait qu'avec les pécheurs. On le comprend. Les pharisiens, les bigots ne sont pas fréquentables. »

 

Je ne sais pas bien vivre. Espérons que je saurai bien mourir.

 

Acheté encore de nombreux livres cet été avec une frénésie inquiétante et un plaisir inassouvi. Les lire tous me semble impossible et cela me désespère au point de vouloir en acheter d'autres pour exorciser cette impuissance. Lire, lire jusqu'à la nausée des yeux.

 

Le livre – disque intitulé « Relica » va sortir mi- octobre. Des aphorismes de campagne, des dessins tragiques et des chansons posthumes. Une nouvelle bouteille à la mer pour éviter le naufrage de ma vie. Espérer de loin qu'ils m'aiment...

 

L'impensable n'existe pas. CQFD.

 

Jean Lenturlu

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 19:23

Un nouveau livre disque approche lentement comme un bateau au loin...

La dureté de leurs yeux.

Moi, je dors derrière la télé.

Pour écrire un aphorisme, il faut penser sans réfléchir.

Contrairement à ce qu'on croit la presse ce n'est pas l'aventure, c'est presque toujours la mésaventure. Plus ça va mal, plus il y a de photographes, et là où il y a beaucoup de photographes on peut être sûr qu'on ne photographiera que des choses sans importance. Robert Doisneau (entretien avec Sylvain Roumette)

Dans cette forêt tropicale de l'angoisse qu'est la nuit chantent les murmures inquiets des enfants qui dorment, à cheval sur leurs rêves...

Dans « Le cercle », Saint-Evremond affirme, en 1656, que les précieuses font consister leur plus grand mérite « à aimer tendrement leurs amants sans jouissance et à jouir solidement de leurs maris avec aversion ». Alfred Simon (Molière qui êtes-vous ?)

Et à tout prendre, pour un auteur, il est moins fatigant de poser à l'écrivain-qui-écrit qu'à l'écrivain-qui-n'écrit-pas. Pierre Michon (Trois auteurs)

En hommage à tous ces footballeurs qui transpirent au Brésil, cette pensée de George Best (le meilleur du monde avec Socrates) : « J'ai dépensé tout mon argent en filles, en verres et en voitures. Tout le reste je l'ai gaspillé. »

Jean Lenturlu

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 19:46

A la Maison Jaune de Neuville sur Saône ce samedi, cette dame qui me dit : « Il paraît que vos chansons sont olé olé ! »

L'escroquerie du pompon du manège à la fête foraine que le monsieur laisse attraper à l'enfant de son choix. Louise, joyeuse d'être la gagnante alors qu'elle n'est que l'heureuse élue... Cela me fait penser un peu aux élections.

De loin, elle très belle.

"Ce qui permet l'outrecuidance de la jeunesse, c'est qu'elle ignore la durée du temps, au point de se croire éternelle. A mesure qu'on avance en âge, l'expérience vous met au pas de la fuite des jours, dont les derniers sont si courts qu'ils ne comptent pas." Marcel Jouhandeau « Etre inimitable » Journaliers VI 1960

En Iran, enlever son voile en public coûte 70 coups de fouet et 60 jours de prison. Des dizaines d'iraniennes bravent cet interdit via les réseaux sociaux et témoignent : « Ma terre natale est pleine de mouvements furtifs. On rit, on dans, on chante, on s'embrasse et on s'enlace furtivement, et notre gouvernement vole, tue, viole et fouette furtivement. »

Je ne chante que sous la contrainte d'un salaire (et encore).

A Valence le 16 mai, devant la librairie Notre Temps : « Vous n'êtes là qu'aujourd'hui ? Malheureusement le porte-monnaie est vide ! »

"Il regarda le sol, le mur et finit par mon épaule gauche. Je pensai à l'irritation que j'avais éprouvée la première fois que j'avais constaté ce comportement caractéristique et à quel point je le trouvais touchant aujourd'hui. Les paratonnerres ne vous regardent pas dans les yeux." Craig Johnson « L'indien blanc »

J'aime la littérature sans mots.

Jean Lenturlu

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 19:36

C'est en s'exposant aux regards des autres qu'on se connaît écrit Marcel Jouhandeau dans ses journaliers (1960) et c'est ce que je fais tous les jours de dédicace ; les autres jours je me cache...

Les boucheries de l'aube et les soirs de porcelaine. (Philippe Bosser)

Sur la quatrième de couverture d'un livre singulier intitulé "Tendre à" de Marie-Laure Dagoit, découvert à la librairie Obliques à Auxerre, il y avait ceci : " Selon une tradition du III siècle attestée par Tertullien, Marie la Folle, par humilité, aurait demandé à être crucifiée face à la croix, cul au public."

Je fais des photes d'ortographe pour emmerder les puristes et le correcteur de mon ordinateur.

J'écris ce que j'oublie ou l'inverse, ou les deux ensemble.

Beaucoup d'émotion en regardant après une nuit grise les quatre courts métrages de Chris Marker qui accompagne "Le fond de l'air est rouge".

A mettre sur sa carte de visite : J'ai l'évidente santé des êtres indésirables. (Antoine Brea)

Perdre conscience d'elle-même à ses pieds.

Avoir des bouffées d'humiliation et avoir honte d'être fier.

Il écrit bêtement des chefs d'oeuvre.

Jean Lenturlu

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 13:38

Elle promenait son grand corps ferme comme un jeune général. Qu’elle soit à cheval ou assise dans un salon. Il émanait d’elle un mélange d’odeur d’écurie et d’eau de rose, et une froideur désintéressée qui attirait les hommes comme des mouches.

Herbjorg Wassmo Le livre de Dina (tome 1)

Qu’est-ce que l’ivresse, sinon la plus jolie courbe qui soit d’un point à un autre ?

Jean-Luc Hennig (L’érotique du vin)

Je suis seul comme tout le monde.

Lui : Alors heureuse ?

Elle : Connard !

La nuit, elles sont toutes belles.

Cette femme à la librairie de Firminy qui me dit quand je lui propose de lui présenter mes livres : « Vous, vous faîtes de la démo ! » Que répondre sinon un beau sourire…

Je ne sais pas quoi écrire alors j’écris un roman.

Se sentir bête, même cela pour certains, c’est au dessus de leur intelligence.

Un des aphorismes des lycéens de Cusset extrait de l’atelier d’écriture : Demain j’irai voir un spectacle qui nettoie les spectateurs.

Je regarde ce dictionnaire historique et critique de 1703 et je me sens vieux.

Je suis fatigué d’exister mais pas de vivre.

On dit que le temps passe mais c’est nous qui trépassons.

Faire des photos comme écrivait Proust.

Jean Lenturlu

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 20:18

Conseil de notre ami Beyle (Souvenirs d’égotisme) :

En arrivant dans une ville je demande toujours :

1er Quelles sont les douze plus jolies femmes.

2e Quels sont les douze hommes les plus riches.

3e Quel est l’homme qui peut me faire pendre.

 

La beauté est parfois tellement trouble que les censeurs n’y voient que leurs laideurs.

 

Dans « Le maquilleur d’étoiles » de Joël Cano : Le désir a besoin de silence pour ne pas s’échapper dans le souffle.

 

Bientôt un nouveau livre – disque de vieilles choses.

 

Envie de me vider entièrement et de flotter.

 

Dans le journal sans date de Gilbert Cesbron : « Passé un certain âge, nos vêtements s’usent moins vite que nous. »

 

Aujourd’hui je vais fabriquer un petit roman de trente pages disait Lautréamont.

 

Je lis « Les aventures des manuscrits de la mer morte ».

 

Paladine qui m’embrasse avant que je parte en me disant : « Je te fais des bisous de chasteté. »

 

Une jeune fille de vingt ans à côté de moi dans le train revenant de Paris qui fait les yeux ronds quand je lui dis que je n’ai pas de télévision chez moi et qui s’exclame : « Vous ne vous ennuyez pas ? »

 

Avoir des projets posthumes.

 

Retrouvé la rue des martyrs et pensé à Paul Léautaud. Les travestis ont disparu et Pigalle est triste.

 

Cette phrase du journal de Jules Renard (qui me fait penser à ma mère) : « Je n’ai rien oublié d’elle, que sa mort. »


Jean Lenturlu

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 19:57

En marge des poèmes de Seamus Heaney, je lis cette note insultante d’un commentateur (certainement anglais !) qui décrit l’Irlande comme « a land of Popes and Pigs and Bogs and Booze » c’est à dire « un pays de Papes et de Porcs, de Tourbières et de Poivrots ».

 

Trouvé un nouveau mot dans « L’érotique du vin » de Jean-Luc Hennig qui est « Abstème » : celui qui ne boit pas de vin (ne pas le dire à mon ami vigneron Patrick Bouju !)

 

L’avenir du monde appartient à la simplicité.

Marcel Jouhandeau (journaliers V 1960)

 

Nicolas Bouvier écrit dans ses carnets du Japon (Le Vide et le Plein) cette phrase qui ressemble à ma vie : « Une vie ingrate et des moments privilégiés ».

 

Dans un beau livre sur l’œuvre subversive et hétéroclite de Marcel Marien cette pépite : « Je fus ma mère pendant neuf mois ».

 

Dans « Fin de partie » de Beckett cette réplique page 28 : « Tu empestes l’air ! ».

 

Je déteste l’adulte qui est en moi.

 

Dans son journal, Lars Noren écrit : « Les pièces littéraires et poétiques me dégoûtent. Je ne veux pas prendre cette voie là. Je ne veux pas écrire de drames liturgiques ou intellectuels. Je suis très attiré par les photos de Bill Jacobson, par le flou, le presque pas développé ou plutôt ce qui disparaît dans le développement. »

 

Devenir le rêve raté de son père.

 

Il vivait d’éclaircies en attendant l’orage.

 

Un petit clin d’œil à François Cavanna, parti il y a quelques jours dans le paradis des empêcheurs de penser en rond, un de ses aphorismes : « Il faut mépriser l’argent, surtout la petite monnaie ».


Jean Lenturlu

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:34

Meilleurs nœuds à tous de la part de Monsieur Bondage.

 

Dans le journal sans date (tome 3) de Gilbert Cesbron, ces deux pensées fumigènes :  « A force de brûler les étapes, on finit par mettre le feu. » et « Au Moyen Age la galanterie était une flamme ardente ; aujourd’hui elle n’est plus qu’un rideau de fumée ».

 

Ce 25 décembre au réveil, mon amour qui me dit : « Bonjour, mon cadeau de Noël ! »

 

Les filles des jambes.

 

Le 14 décembre, cette femme dans la librairie qui souffle en passant devant moi : « Il faut que je m’offre mon cadeau de noël ».

 

Ecrire lentement.

 

Dans les carnets de P-J Proudhon, j’extrais cette note :  La révolution sociale est sérieusement compromise si elle arrive par la révolution politique.

 

Je pense à la corvée du mari.

 

Les écrivains sont comme des médecins légistes.Ils doivent avoir des connaissances sur les mourants.

Lars Noren (journal intime d’un auteur)

 

Il y a des jours où je manque de solitude comme un asthmatique en montagne.

 

Dans « Tout n’est qu’allusion », Marcel Jouhandeau écrit : « Le respect de toute personne humaine relève de la conscience que chacun a de la sienne propre. »

 

Je suis devenu un cadeau de noël alors qu’à vingt ans je voulais être une plante carnivore.

 

Pour bien démarrer cette année 2014, un petit dicton de mon ami Joseph Joubert : Tout doit passer par quelque étamine.

 

Jean Lenturlu

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 21:10

Je pense souvent à lui quand je ferme les yeux.

 

Trouvé chez un bouquiniste de Saint-Etienne plusieurs « journaliers » de Marcel Jouhandeau compilant notes et pensées qu’il égrène au fil de son existence. Cette réflexion de 1960 : « Le respect de toute personne humaine relève de la conscience que chacun a de la sienne. »

 

J’oublie tous les jours que je suis heureux.

 

Dans un texte qui s’intitule « Questionnaire » que Roland Topor écrit en 1981, cette belle réponse à la question « ce que vous appréciez le plus chez vos amis ». Il répond :  « La production de gaîté. La gaîté n’existe pas dans la nature. C’est une matière extrêmement rare. »

 

J’ai été un mordant personnage qui avait les crocs mais maintenant je suis très sympathique avec ma muselière.

 

Une loi qui obligerait à refaire sa vie tous les dix ans comme les façades. Matthieu Galey (journal 10 juin 1977)

 

Il faut toujours écrire sa lettre d’amour comme si c’était la dernière.

 

Cette belle maxime de Julien Gracq (à mettre en exergue à l’entrée des écoles de toutes sortes) : En Art, il n’y a pas de règles, il n’y a que des exemples.

 

Le peintre Francis Bacon parlant de Giacometti : Je sais qu’il a dit un jour que la grande aventure pour lui, c’était de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour, dans le même visage.

 

Tout ce travail pour être libre.

 

Pour finir ce mois de novembre avec cette petite pépite intellectuelle de Stendhal : Penser est le moins cher des plaisirs.

 

Jean Lenturlu

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