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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 17:20

J’aime beaucoup ce dicton populaire d’un peuple qui a, depuis des lustres, disparu et dont je suis un des rares descendants encore en vie : « A la Saint Sylvestre, je me défenestre. »

 

Dans le « Dictionnaire des mots rares et précieux », trouvé cette lumineuse définition à  « écrivain » :

Nom vulgaire d’un insecte coléoptère du genre eumolpe, qui s’attaque aux feuilles de la vigne et y découpe des sortes de caractères.

 

A Aubusson, le dimanche 19 décembre, je lis cette note d’Armand Robin (la fausse parole), propos qu’il écoute  sur une radio quelconque et qui symbolise de manière effrayante la représentation absurde du totalitarisme : « Tout au long du parcours suivi par l’immense foule, des hauts parleurs accrochés dans les arbres ou fixés aux fenêtres répètent sans arrêt  sur un ton lancinant :      « Silence ! Notre mot d’ordre est : Silence. » Recommandation d’ailleurs superflue, personne ne disant mot. »

 

Beau, petit et barbouillé.

 

Petite imprécision dans mon dernier journal de campagne relevée par une lectrice amie, Madame Paladine, que je remercie vivement ici de prendre soin de mon intégrité littéraire. Je rectifie de suite pour qu’on ne m’accuse pas dans dix ans de plagiat :

« A lui tout seul, il faisait le murmure d’une foule, ce qui lui donnait droit au titre d’engastrimythe » est une phrase de « L’homme qui rit » de Victor Hugo (Ursus, premier chapitre). Je ne suis l’auteur que de la parenthèse : (ventriloque), ce qui n'est pas rien.

 

Ma seule ambition littéraire : finir ma vie comme veilleur de nuit.

 

Roder dans les casinos en gigolo et la faire passer pour ma gouvernante (l’habiller en vieille fille).

 

Organiser un jour un safari de filles – fauves.

 

A la Bourboule ce vendredi 31 décembre, sur le trottoir de la librairie, entendu une jeune femme parlant à son compagnon de son fond de teint :  « Je me suis mis un coup de bluff. »

 

Jean Lenturlu

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 14:21

Ce 19 novembre à 15h15, devant la librairie Lucioles à Vienne, et face au Temple romain dédié à Auguste et Livie, cette image : un groupe de jeunes sur une terrasse de bistro à droite qui boivent des demis grenadine en discutant et plus loin, au fond, un autre jeune qui sort du Tribunal, encadré par deux gendarmes et qui embrasse sur la bouche une jeune femme qui l’attendait sur le trottoir, avant de s’engouffrer dans la voiture bleue.

 

Pour Noël, lui offrir le cadenas de taciturnité.

 

A lui tout seul, il faisait le murmure d’une foule, ce qui lui donnait droit au titre d’engastrimythe (ventriloque).

 

Le jeune Oscar Wilde déclarait à un ami qu’il voulait inviter chez lui : « Venez que je vous présente ma mère. Nous avons fondé une société pour la répression de la vertu. »

 

Cette femme est un bourreau de tendresse.

 

Phrase intéressante  de Sartre à méditer : Le passé est un luxe de propriétaire.

 

N'y a-t-il donc pas de soleil aujourd’hui ?

 

« Mon père était plusieurs car mon père était un régiment. »

(Aldonza dans le Don Quichotte de Brel)

 

Anaximandre de Millet (élève de Thalès) est certainement le premier des Grecs qui osa composer et publier un ouvrage qui s’intitulait « Sur la nature ».

 

Chanter est un épuisement vital qui me fait vivre.

 

Ce conseil de José Bergamin pour finir l’année en beauté :

« Même si tu ne vas nulle part, ne t’arrêtes pas en chemin. »

 

Jean Lenturlu

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 20:24

Comment garder l’anonymat devant les dieux et les démons ?

Cette (fausse) question de Raymond Queneau, je me la pose aussi quand je suis sur scène et quand j’écris mes livres.

 

Je lis en ce moment « la fausse parole » d’Armand Robin et je reste, de stupeur extatique, sans voix :

« Certes, il y a des catégories d’hommes prêtes pour l’abattoir mental. En premier lieu, les intellectuels : étant le contraire des hommes de pensée, étant idolâtres de tout exercice cérébral impliquant promesse de domination sur d’autres consciences, ils sont tout désignés pour être les premiers servants d’une entreprise inédite tendant à séparer toute pensée du réel et à la contraindre à tourner en rond indéfiniment dans un même cercle, réduite à un ensemble de rouages dérisoires, mus de loin. Immédiatement après dans l’ordre des possibilités d’anéantissement psychique, les bourgeois (et d’une façon générale quiconque aime l’argent pour lui-même ou le pouvoir) sont tout désignés, eux aussi, pour abdiquer en faveur de cette dictature de la folie, toute leur vie ayant été déjà axée sur l’appétit de dominer et d’exploiter et cet appétit se rencontrant enfin avec l’opération tendant à jucher sur tout cerveau un démon d’une avidité invincible. »

 

Comme en écho de ce que décrit Armand Robin, cette déclaration limpide du Président de La Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, rapportée dans Le Canard enchaîné de cette semaine : « Si j’avais su qu’il était si facile d’acheter des consciences, je n’aurais pas acheté autant d’armes. »

 

Je bois pour me remplir d’amour.

 

Cette phrase écoutée dans un bar : « Des fois, je vais sur internet pour voir des billets de 100 €.

 

Conseil d’un ami :

Méfies-toi de ce que tu penses.

 

Jean Lenturlu

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 12:01

La magie laborieuse du livre qui naît à l’imprimerie.

 

« Les parents ne désirent rien d’autre que de vous attirer vers eux, vers le bas, vers ces temps anciens d’où l’on aimerait remonter avec un soupir de soulagement, naturellement, ils le veulent par amour, mais c’est bien cela qui est affreux. » Franz Kafka (lettre à Félice)

 

Comme des millions de personnes, j’ai la tête de l’inemploi.

 

La légèreté insouciante du père et la profondeur inquiète de la mère.

 

Ses yeux de braise avaient allumé mon désir mais sa tenue de pompier volontaire me dissuada de prendre feu.

 

Avoir de la peine inutile ou inutile d’avoir de la peine.

 

Cette grossesse molle l’acheva. Elle devint un édredon.

 

Il faudrait lire la télévision.

 

J’aime particulièrement les femmes qui furent belles.

 

La seule retraite que je défendrai est celle de Russie ( 1812)

 

Jean Lenturlu

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 13:12

Le 1er Août à la fête du livre de Saulieu, trouvé sur le stand d’un bouquiniste « Beylamour » d’André Pieyre De Mandiargues (Jean-Jacques Pauvert 1965) sur notre gros et délicat ami « Dominique ». Petit livre rouge sur « De l’amour » d’Henri Beyle où je tire ceci :
« Autant que dans l’air ou dans le soleil d’avril, ne trouve-t-on pas élévation et renouveau dans la fréquentation d’un esprit jeune, dans l’approche d’un jeune visage ? »  Trop tard pour l’insérer dans mon « journal de mémoires » qui va sortir mi-octobre. La fin du tunnel financier et artistique de cet été laborieux (dans tous les sens du terme).

Souvent (hélas), je médite cette question de Kafka : « N’avons pas bu un peu trop de vin ? »

A Bourg-en Bresse, devant la librairie du Théâtre, ce dialogue :
Elle : Vous êtes écrivain ?
Lui : Oui, et je suis aussi chanteur.
Elle : Vous passez à la télé ?
Lui : Non, vous voulez écouter une de mes chansons ?
Elle : Non, je n’ai pas le temps.

Je ne supporte pas l’oisiveté du couple, son côté bourgeois. La solitude m’aide à rester vivant.

J’aimerais lire des textes sauvages mais les écrivains ne sont-ils pas tous des auteurs domestiques ?

Je reste prostré derrière la beauté féminine.

Toute ma vie je serai moi aussi ce chercheur d’absolu :
« Je cherche à me rendre compte de cette passion dont tous les développements sincères ont un caractère de beauté. » Stendhal

Cette pensée de Jacques Prévert pour finir ce journal de campagne : « L’étoffe des héros est un tissu de mensonges. »

Jean Lenturlu

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 19:37

Mes progrès en amour ont des limites.

Cette pensée de Peter Handke dans ses carnets (À ma fenêtre le matin) : « Sans la parole, le regard n’est plus qu’une vaine espérance ».

Le livre, maintenant, avance sans moi. Il grandit à l’intérieur de l’ordinateur parce que Norayam l’arrose de son talent graphique.

Les dessins de Marc ont l’air d’avoir toujours existé à côté de ce texte qui déjà ne m’appartient plus …

Comme Tolstoï, je pourrai dire que j’ai fait guère épais en littérature.

Cette jeune fille un peu laide qui me déclare : « Moi, quand il pleut, j’ai une idée ! »

Conseil amical

Ignorer le père à défaut de le tuer.

Philanthropie : myopie de la générosité.

Le regard éteint, l’air contrit, il prend le livre, tourne les pages sans les lire puis le repose sans croiser mon regard.

Escargoter : baver lentement sur le dos des autres imbéciles qui nous entourent avec ceux qui nous sont sympathiques.

Etre amateur d’intelligence parce qu’on en manque.

J’ai beaucoup de reconnaissance pour tout ce qu’on n’a pas fait pour moi.

Pour finir ce carnet de campagne de juillet (un peu en retard), cette pensée de Giacomo Leopardi à méditer jusqu’en septembre : « Plus nous montrons de fermeté et de constance dans notre mépris de l’opinion d’autrui, plus vite ce qui fut condamné tout d’abord ou ce qui paraissait insolite sera considéré comme raisonnable et naturel ».

Jean Lenturlu

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 07:24

Cette belle phrase de Joubert dans ses carnets : « Les mots sont des gouttes de lumière. »

Tous ces amours impossibles qui s’éteignent comme des allumettes.

Mes vêtements élimés et d’une autre époque sont ce que je suis politiquement.

L’insurrection des oiseaux.

Est-ce que j’ai une tête à refaire ma vie ?

Ce nouveau livre en moi qui gesticule en silence et qui m’épuise la vie.

Coït intellectuel avec cette jeune femme à St Flour.

Mal commencer une histoire d’amour pour qu’elle se termine bien.

Derrière la brume de ses yeux gris, une lumière magnifique.

Elle me ligote avec sa langue.

Encore Joubert et comme lui : « Tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase et cette phrase dans un mot. »

Au temps de Voltaire (moitié XVIII siècle), la scène du théâtre français était alors occupée par des spectateurs assis sur des banquettes. Pendant la représentation de sa tragédie Sémiramis (1748), quand l’ombre de Ninus sortit de son tombeau (acte III scène 6) il y avait sur scène un tel encombrement, que la sentinelle dut crier : « Place à l’ombre ! » et que l’effet manqua. C’est seulement en 1759 que le duc de Lauraguais, au prix de douze mille livres, acheta des comédiens la suppression de ces banquettes importunes.

(Note dans « Choix de lettres de Voltaire »  Hachette 1905)

À méditer ce mois, ce conseil impératif de Louis Scutenaire : « Va reporter ta joie où tu l’as prise. »

Jean Lenturlu

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 19:11

Il fait beau, allons au cimetière. (Emmanuel Berl)

Dans « Vie et destin » de Vassili Grossman, cette phrase étonnante, page 193 : « Il ressentit la mort avec l’acuité et la profondeur dont seuls les enfants et les grands philosophes sont capables. »

Acte d’amour pur de ma petite fille Louise qui m’offre toutes les semaines des cailloux.

« Il fait froid et je transpire » murmure la femme étendue dans la neige avant de mourir.

Le volcan éteint, je regarde les cendres.

« Il faut pourrir l’image ! » s’exclame Gérard Gasiorowski.

Faire un nouveau livre creuse ma tombe et ne pas en faire accélère mon agonie.

Ce fut au début du XVIII siècle que les castrats, jusqu’alors employés uniquement dans les maîtrises religieuses, apparurent sur les théâtres profanes ; à Rome, d’abord, et cela par ordonnance du pape Innocent XI, qui expulsa de la scène les cantatrices et les remplaça par eux. Il y avait eu, en 1686, un scandale qui avait ému la Ville-Eternelle : une cantatrice, appelée Giorgina, était apparue qui avait tourné la tête à tous les hommes, et provoqué parmi ses adorateurs tant de désordres qu’on avait fini par la bannir des Etats pontificaux. Une mesure générale suivit celle-là, qui chassait les femmes du théâtre. Ce fut une victoire pour les castrats, qui remplacèrent les femmes dans l’opéra, à Rome, pendant quelques temps, et qui durant tout le XVIII siècle, jouèrent un rôle considérable dans le développement de la musique dramatique. « Beaucoup d’entre eux eurent une vie sentimentale agitée » rapporte René Bouvier. Le président De Brosses raconte que l’un d’eux alla jusqu’à demander au pape l’autorisation de se marier, sous prétexte que l’opération avait été mal faite.

La réponse du Saint-Père fut tranchante, si l’on peut dire : « Che si castri meglio. »  (Qu’on le châtre mieux.)

Marcel Brion « Mozart »

Inscrire sur ma carte de visite : voleur de femmes.

Faire un testament où je lègue ce que je n’ai pas.

Jean Lenturlu

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 19:21

Ce lundi matin, sur le marché de Billom, ce forain qui crie cette confidence à un collègue d’en face: « La vieille, elle en peut plus, à la baraque ! Trois jours que je dors sur le canapé avec le chien. »

Cette femme athée qui me confiait l’autre jour : « je suis une bredouille de bénitier. »

Bientôt connaître les affres de la jeunesse de l’âge mûr.

Pour moi, écrire, ce serait certains jours, recopier bêtement le code civil.

Ne pas mourir, être immortel, sera pour nos successeurs, un acte d’une lâcheté inacceptable.

Ces femmes qui trouvent mes chansons horribles pour les femmes sont-elles des femmes ?

L’écrivain Pierre Bergougnoux, ce lundi après midi à l’université Blaise Pascal, devant une vingtaine de faux étudiants, dont la majorité a dépassé la cinquantaine d’années et qui boivent les paroles souples et denses de cet homme frêle. Ses yeux noirs, un peu absents, regardent ailleurs quand il nous dit : « Je ne suis rien qu’une chose qui pense. »

Bonne question de José Corti dans ses « souvenirs désordonnés » et que je vous soumets : « Quel citoyen peut être assez confiant en son innocence – c’est à dire assez fou – pour se croire à l’abri de toute mésavenvature policière ? »

Marbrer dans le grave ces séquences violettes.

Tout dégringole autour de moi et je me sens grec.

Jean Lenturlu

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 05:59

 

Entendu cette auteure du terroir dans une fête du livre qui vantait ses livres en déclarant : « C’est pas du roman, c’est de l’authentique ! »

 

Louise qui me demande mon âge (49 ans) et qui me dit : « L’année prochaine, j’aurai un vieux papa et je serai une jeune fille ! »

 

Leur téléphone à la main, qu’ils regardent comme un miroir déformant.

 

Espoir d’amour à la manière de Lord Byron : « S’agissant d’une lady B. – le jour où j’en découvrirai une qui soit assez riche pour faire mon affaire et assez folle pour me vouloir, je l’autoriserai à me rendre malheureux si elle en est capable. » 

lettre à Augusta Leigh (2 septembre 1811)

 

« Si je suis partisan de l’idée monarchique, ce n’est pas simplement par aversion pour ce qui est campagne électorale, arrivisme, battage d’avocat ou de publiciste, mais par un sentiment inné, et parce que j’ai la conviction qu’il faut à la tête de l’Etat un homme profondémement responsable, exempt et préservé de tous les désirs, appétits et tentations de la vie commune, un homme « consacré » et non pas un arriviste parvenu au terme de son heureuse carrière. »  Walter Rathenau

 

Demain, je clame à toutes les femmes que je croise que je les aime.

 

J’ai enfin trouvé une forme de dignité à me mépriser moi-même.

 

Cette phrase définitive de Tolstoï en moi qui m’obsède quand je ne bois pas : « Où pourrions-nous aller pour être loin ? »

 

Je pense à elle quand j’écris ceci : « La radicale laideur de ceux que nous aimons. » (Grey Gowrie)

 

Ses yeux m’aiment mais son corps ne veut pas.

 

Jean Lenturlu

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