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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:09

Mon père vient de partir en voyage, très loin et pour longtemps.

Sur le quai de l’hôpital, je l’ai vu s’éloigner et me faire un signe de la main. J’ai photographié son départ pour ne pas oublier ce moment où l’on devient plus qu’un homme…

 

Ce futur antérieur, maintenant en moi, qui se décline lentement.

 

Envie d’un nouveau livre, comme de faire l’amour.

 

Se laver de ses pleurs ; frotter ne sert à rien, il faut lécher le sel de la vie qui continue.

 

Autrefois, on répandait de la paille dans la rue, devant la maison d’un mourant. J’apprends cela dans le journal d’Ernst Junger (8 juin 1977) mais je ne sais pas pourquoi.

 

Les belles jambes de cuir qui flagellent mon regard.

 

« Le Français est un animal de basse-cour, si bien domestiqué qu’il n’ose franchir aucune palissade. Voir ses goûts en art et en littérature. » Baudelaire penserait certainement idem de nos jours et peut-être pire…Trouvé cela dans « mon cœur mis à nu » (XXXIV).

 

Pour participer (modestement) au débat du mariage pour tous, cette question de Diderot à Sophie Volland le dimanche 24 octobre 1762 (ce qui ne nous rajeunit pas) : « Pouvez-vous bien me dire en quelle circonstance il faut se marier ; car je vois qu’on se repent à la hâte d’un mariage fait à loisir et qu’on se repent à loisir d’un mariage fait à la hâte. »

 

Ton chemin


Personne n’a frayé le chemin

que tu vas parcourir

dans l’inconnu

dans le bleu.

C’est ton chemin.

Seul,

tu vas le parcourir. Il est

impossible de revenir en arrière.

Toi-même ne peux

marquer le passage

et le vent efface tes traces

dans la montagne nue.

 

Olav H. Hauge

(Nord Profond)

 

Jean Lenturlu

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 21:38

Curieux et mystérieux, ce sentiment trouble d’avoir été un cadeau pour Noël, pas moi physiquement mais mes livres et mes chansons…

 

Nous ne nous inquiétons pas de savoir ce que les journaux et le monde pensent de nous. S’ils viennent à nous tant mieux ; s’ils ne nous aperçoivent pas, tant pis pour eux.

P.-J. Proudhon Carnet n°1 (1843)

 

Dans les librairies, je suis un écrivain fantôme.

 

Les belles femmes sans amour me font pleurer.

 

Flaubert à Maupassant : « Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit. Ecrivez ça sur les murs. »

 

« La vérité est une mauvaise excuse. »

Lettre d’Alexandre Vialatte à Jean Paulhan (décembre 1949)

 

J’aimerais bien connaître le fils du Père Noël.

 

Un chanteur (qui écrit ses chansons) n’est pas un poète, il est bien trop naïf.

 

« Que faut-il penser de ces sorcières qui (…) collectionnent parfois des membres virils en grand nombre (vingt ou trente) et s’en vont les déposer dans des nids d’oiseaux ou les enferment dans des boîtes , où ils continuent à remuer comme des membres vivants, mangeant de l’avoine ou autre chose ? » Henri Institoris

cet inquisiteur dominicain rédigea en 1487 un manuel de chasse aux sorcières intitulé « Malleus maleficarum » (Le marteau des sorcières) qui servit pendant deux siècles.

45 000 personnes entre 1500 et 1700 auraient péri dans des exécutions, dont beaucoup aux mains de persécuteurs qui brandissaient le Malleus. (source Hommes et femmes de la renaissance de Robert C. Davis et Elizabeth Lindsmith)

 

Mon père qui s’éloigne peu à peu sur son lit d’hôpital et qui me fait un signe de la main comme quand on part en bateau…

 

Dans la cuisine de certains intellectuels on sent tout de suite que le cerveau est brûlé.

 

Le dicton de la fin d’année par Louis Scutenaire : « Ecrivez, écrivez, cela ne sert à rien. »

 

                                        

Jean Lenturlu

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 15:57

Ce dialogue savoureux dans le journal de Jules Renard :

-     Je vais me déshabiller, dit-elle

-     Avez-vous besoin d’un homme de chambre inoffensif ?

-     Je le préférerais dangereux.

-     Pourquoi ?

-     Je saurais mieux me défendre.

 

Entendu aujourd’hui à la radio ce propos :

« La vie est courte et les heures sont longues. »

 

Dans un livre des éditions du Roure, cette photo d’un mur où il y a ce graffiti : « Ni Dieu ni Maître » et cette inscription en plus petit, rajoutée par une main espiègle : « des déesses, des maîtresses ».

 

Suis-je triste comme garçon ? Non, j’ai uniquement le bonheur mélancolique…

 

Je viens de lire la correspondance entre Alexandre Vialatte et Jean Paulhan. Très intéressante à plus d’un titre (si j’ose dire) : la découverte de Kafka, les problèmes de traduction et de rémunération avec Gaston, l’impuissance romanesque de Vialatte … et ce passage qu’écrit Alex à Jean à l’été 1956 : « Venez déjeuner au sommet du Puy de Dôme. On y a quelquefois la chance de voir tomber la foudre en boule. Les petits bergers la poursuivent sur la pente. »

 

J’aime le vin naturel et les filles artificielles.

 

Dans « Principes et préceptes du retour à l’évidence », Lanza Del Vasto écrit quelques perles dont ces trois que je vous offre pour finir cette année 2012 :

1. « Que produisent-ils ? De la vitesse. Une forme du rien. »

2. « De père en fils les mêmes espoirs renaissent et ne mûrissent pas. »

3. « Là le travail est si bien divisé que l’un travaille et que l’autre récolte. »

 

 

Jean Lenturlu

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 12:38

Ce samedi 20 octobre à Bourg-en-Bresse devant la librairie du théâtre avec mes ouvrages et dedans Serge Joncour qui dédicace son dernier livre (très beau) qui m’inspire un aphorisme à l’envers : « Le faire, sans l’amour. » Merci Serge.

 

Avoir le don de solitude.

 

Ce samedi 27 Octobre, vu the father à l’hôpital de Montbrison. Allongé sur son lit, les yeux clos, la peau de son visage étonnamment lisse et belle, sans rides, comme si la mort avait déjà commencé à lui faire un lifting…

 

Sa main qui parle et les anges autour, qui attendent.

 

Une résidence de fin de création possible en 2013 au Chambon-Feugerolles avec l’équipe du « Zoo ». Joie négative d’avoir encore une chance d’exister sur scène.

 

Toutes ces femmes qui pourraient m’aimer et qui ne le veulent pas.

 

La psychose : une fuite en arrière. C’était ma minute de psychologie de comptoir.

 

Plaisir un peu trouble d’être un écrivain fantôme et un chanteur de pacotilles.

 

La nuit, je rêve que je dors.

 

Mon cerveau est un marécage de ciels bleus.

 

« Jamais avec un autre homme elle a été si proche » 

Serge Joncour (L’amour sans le faire)

 

Cette petite lumière de Joubert pour éclairer ce mois d’Octobre :

« Quand je luis… je perds mon huile. »

 

Jean Lenturlu

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 16:38

Je suis un féministe militant, c’est pour cela que je m’habille fréquemment en femme.

 

Il y a des jours où je ne supporte pas les frites. Cela a quelque chose à voir avec l’extase de la solitude. Autrefois, quand je ressentais cela, il m’arrivait de mettre des pierres dans ma poche pour ne pas m’envoler.   Tommy Wieringa « La maison engloutie »

 

J’aime tes yeux clairs qui éclairent le noir de ma vie.

 

Me sentir sauvage sur scène me plaît beaucoup mais j’aime ensuite retourner dans ma cage au zoo.

 

Les dessins de Bruno Schulz m’obsèdent.

 

Dans les carnets de Proudhon (magnifique acquisition), cette note: « Se moquer de tout le monde et ne ménager personne ». 

Il ne faudrait jamais oublier ce principe d’homme libre et l’enseigner à l’école.

 

Je lis dans le journal d’Ernst Jünger (La cabane dans la vigne) : « Souvent, il ne se comprenait plus lui-même lorsqu’il relisait ses textes. Mais ensuite, des diamants étincellent, des solitaires se mettent à scintiller sur un fond bleu, la substance de son don d’auteur. C’est alors seulement que commence le vrai réconfort du lecteur ; il pressent que dans l’art, depuis ses origines, un seul sujet est traité, et qu’il est des phrases plus lourdes de sens que des bibliothèques entières. »

 

La dernière phrase du très beau livre d’Haruki Murakami « A sud de la frontière, à l’ouest du soleil » : « Longtemps, longtemps, jusqu’à ce que quelqu’un arrive derrière moi et pose doucement sa main sur mon dos, je pensai à la mer. »

 

Je finis ce mois par cette belle phrase tirée d’un poème de Ralph Dutli (Novalis au vignoble et autres poèmes) que j’ai trouvé chez Muriel de la librairie Merligane au Puy-en-Velay où j’étais ce samedi 29 : « J’ai tant neigé pour que tu dormes ».

 

Jean Lenturlu

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 19:32

L’érotisme de cette femme déglinguée.

 

Le 17 août, à Valence, devant la librairie Notre Temps, le clochard « Be Good » qui discute avec deux lectrices et qui déclare : « Une vie sans musique, c’est comme un bar sans bières. »

 

Son amour est au dessus de ma misère morale et je l’accepte comme une fatalité bienfaitrice.

 

Je lis avec beaucoup de plaisir l’autobiographie (destroy) de Nuala O’Faolain (On s’est déjà vu quelque part ?), sur le carcan moral irlandais des années soixante, l’alcool, Londres,la BBC et les jeunes femmes qui essaient comme elle de s’en sortir… Et cette question qu’elle se pose : « Que se serait-il passé si j’avais eu mon premier orgasme avec quelqu’un d’aussi irresponsable que moi-même ? »

 

Ce magnifique cadeau posthume de Chris Marker : « Les nouvelles peu exemplaires » de François Vernet dont il regrettait à la fin de sa vie le peu d’écho quand les éditions Tirésias l’avaient réédité en 2002 et dont je tire cet extrait (El Desdichado) écrit en 1942 : « Oui, il fallait que je dise ça :  Ce pays est menacé de mort ; il ne se sauvera qu’en renonçant à la haine, qu’en cessant d’opprimer le faible, l’exilé, celui qui n’a plus personne pour le défendre. Ce pays ne se sauvera que par le cœur. C’est comme l’histoire de Loth dans la Bible : les Sodomites voulaient baiser les envoyés de Dieu. Or, les envoyés de Dieu étaient les hôtes de Loth. Et Loth dit : « Prenez mes filles » et il fut sauvé. C’est comme ça, c’est par le ceour qu’un pays survit, c’est pas en faisant marcher les gosses en rang, c’est pas en faisant des discours, des affiches, des promesses, des menaces. Ce pays est en train de crever. Il lui reste une chance, une toute petite chance, c’est l’amour du prochain ; et vous êtes tous comme des loups à vous dévorer les uns les autres. L’étranger, c’est sacré. L’hôte, c’est sacré. Tous les pays civilisés l’ont proclamé . Ceux qui ne pensent pas comme ça ne méritent pas de survivre. Ils se préparent le châtiment des Sodomites : le fer,le soufre, le feu. Ils courent à la mort comme des aveugles, parce qu’ils refusent de voir l’amour, ça résiste à tout, c’est la vie éternelle. »

 

 

Jean Lenturlu

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 18:35

Beaucoup de dédicaces depuis le 5 juillet avec le nouveau livre disque que j’appelle affectueusement « zoo ». Il est de couleur mauve à l’extérieur et dedans plutôt rouge vif. Il est saignant et je ne suis pas épargné. Inconscience de celui qui écrit.

 

Je le regarde avec froideur, maintenant. Il est devenu comme les autres, une bouteille à la mer qui emporte un peu de mon existence chez les autres…

 

Epuisé par les nuits plus ou moins blanches et les dédicaces, je sommeille de 16h à 18h tous les après midis.

 

Je rencontre des gens qui m’aiment subitement et qui veulent devenir mes amis.

 

Cette phrase dans le journal de Jules Renard que j’aurais pu mettre dans « zoo » : Près d’une femme j’éprouve tout de suite ce plaisir un peu mélancolique qu’on a sur un pont à regarder l’eau couler. 

 

Je viens de desserrer l’étau de son amour.

 

Selon Ovide (Fastes 1 619-636), le 15 janvier commémorait la « grève des ventres » (avortements volontaires) par laquelle les femmes romaines avaient obtenu au III ème siècle avant J.C que le Sénat restaure leur privilège de voyager en voiture couverte.

 

Ce passage d’une lettre de Grisélidis Réal à Jean-Luc Hennig dans « La passe imaginaire » que je trouve magnifique : « De partout surgissent des hommes marchant comme des fauves en rut. Chasseurs et braconniers venus du monde entier, mendiant nos caresses, affamés de nos pulpes, ils portent en eux des océans perdus, de hautes terres calcinées de soleil, des amandiers en fleurs et le sang des taureaux et des chevaux blessés, accompagnés de la voix des guitares. »

Vous pourrez retrouver sur Dailymotion ou Youtube en tapant son nom un extrait d’un documentaire où elle parle de sa vie de pute – écrivain et voir comme elle était belle aussi à l’intérieur.

 

Jean Lenturlu

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 19:34

Il y a un an déjà, nous enregistrions les chansons du Zoo et la semaine dernière (le mardi 26 juin), nous assistions à la naissance du livre, sortant peu à peu des entrailles de l’offset machine…

Quand je dis nous, je ne me prends pas pour plusieurs, il y avait avec moi à l’imprimerie, Johann (stagiaire deux mois sur le projet de Privé de désert) et son amie M.

Le LD sera certainement dans mes mains ce jeudi vers 11h et il sera déjà froid et loin, ailleurs, chez vous peut-être…

 

Ecouté à la radio aujourd’hui cette définition de l’Europe qui n’est pas fausse : géant économique, nain politique et larve militaire.

 

Je repense quelques fois à mes amis disparus et au passé qui comme un sablier infini peu à peu trouble le présent… Cet épitaphe comique pour mon ami Mozart qui est mort de solitude alcoolique quand j’étais à Paris et que je trouve dans une préface de Pierre Seghers sur les « poètes maudits d’aujourd’hui » : Il y a des destins où l’on meurt de soif. 

 

Bientôt la saison pour écrire cette phrase : Elle porte une robe du soir qui ressemble à un coucher de soleil.

 

Dans le journal de Delacroix, le 13 septembre 1854, il relate ces propos : « David disait à cet homme qui le fatiguait d’une conversation sur les procédés, les manières de toutes sortes : J’ai su tout cela quand je ne savais encore rien.

 

J’aimerai voir un jour sur la grille d’une propriété cette inscription : « Ne faites pas attention au chien ».

 

J’achète des livres pour ne pas les lire.

 

Un petit Scutenaire pour méditer le mois :

« La plupart des criminels sont des moralistes ».

 

Jean Lenturlu

 


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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 19:54

Un peu de retard dans ce journal mais l’avenir est derrière nous.

 

Le livre - disque est en train de prendre sa forme définitive, dans la douleur et l’innocence sans se douter de toutes les énergies qu’il aura fallu mobiliser pour qu’il existe enfin.

 

Une sortie du L.D le 14 juillet serait un bon signe.

 

Les dessins de Bruno Schulz me plaisent beaucoup.

 

Ce dimanche 27 mai à 7h10 du matin, en attendant D. je lis Jouhandeau : « … La plupart des  gens meurent après une léthargie continuelle qui aura été pour eux la vie. »

(La mort d’Elise)

 

Cette belle phrase de la comédienne Adriana Asti : « Pour me déguiser en femme, je me suis déshabillée. »

 

Mon rêve de jardinage : faire pousser des succubes.

 

Fréquenter une infirmière qui dispense de la douleur.

 

Dans le journal de Delécluze, le 2 janvier 1824, cette note qui m’amuse: « Je disais l’autre jour en plaisantant avec Schnetz qui me marquait son étonnement du goût qui règne à Paris, qu’à présent j’estime qu’un an équivaut à un siècle, en ce sens que les usages, les modes et par conséquent les goûts changent  si rapidement que l’on épuise à présent, en douze mois, les combinaisons qui se seraient à peine développées en un siècle autrefois.

Ce mouvement dans les idées est une suite de la facilité et de la promptitude avec laquelle les pays les plus éloignés communiquent entre eux, de la multiplicité des livres et des journaux qui, en lançant en émission une bien plus grande quantité d’idées, les fait vieillir plus vite et rendent indispensable le besoin de les renouveler sans cesse. »

 

 

Jean Lenturlu

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:37

Un peu de retard pour ce journal de campagne…
Et aussi un peu de retard pour le nouveau livre – disque qui prend son temps à naître mais il en sera d’autant plus beau ! Sa naissance est maintenant espérée mi-juin ou début juillet si les dieux de l’imprimerie nous sont favorables !
Donc patience ….

Une pensée de Samuel Beckett qui ne sera pas dans le livre : « Ce qu’on appelle l’amour c’est l’exil, avec de temps en temps une carte postale du pays. (Premier amour)

J’avance les pieds nus
Dans l’herbe de ma négritude.
René Depestre

A Montluçon ce samedi 5 mai, en face de l’église St Pierre, un monsieur alcoolisé qui s’arrête devant mes livres, qui les regarde et qui me dit : « Un jour, ça m’arrivera d’acheter quelque chose avec de la belle musique. »

Le beau style
Elle (langoureuse) : Prends- moi idiot !
Lui (dubitatif ou vraiment idiot) : Je ne vois pas comment.

Une économie de besoins et non une économie de marché.

Marcel Sembat dans son journal note le vendredi 16 février 1905 : « d’ailleurs, je suis tout endormi, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas la cervelle en ordre, j’ai comme des vertiges d’idées ».

Je viens d’achever « La Trêve »  de Primo Levi qui raconte la longue marche de prisonniers italiens à la libération des camps, accompagnés par l’armée rouge, traversant pendant de longs mois l’Europe centrale. Le dernier paragraphe du livre est le récit d’un rêve qui l’épouvante encore, après son retour en Italie et qui certainement le poursuivra jusqu’à la fin de sa vie: « C’est un rêve à l’intérieur d’un autre rêve, et si ses détails varient, son fond est toujours le même. Je suis à table avec ma famille, ou avec des amis, au travail ou dans une campagne verte ; dans un climat paisible et détendu, apparemment dépourvu de tension et de peine ; et pourtant, j’éprouve une angoisse ténue et profonde, la sensation précise d’une menace qui pèse sur moi. De fait, au fur et à mesure que se déroule le rêve, peu à peu ou brutalement, et chaque fois d’une façon différente, tout s’écroule, tout se défait autour de moi, décor et gens, et mon angoisse se fait plus intense et plus précise. Puis c’est le chaos ; je suis au centre d’un néant grisâtre et trouble, et soudain je sais ce que tout cela signifie, et je sais aussi que je l’ai toujours su : je suis à nouveau dans le Camp et rien n’était vrai que le Camp. Le reste, la famille, la nature en fleur, le foyer, n’était qu’une brève vacance, une illusion des sens, un rêve. Le rêve intérieur, le rêve de paix, est fini, et dans le rêve extérieur, qui se poursuit et me glace, j’entends résonner une voix que je connais bien. Elle ne prononce qu’un mot, un seul, sans rien d’autoritaire, un mot bref et bas ; l’ordre qui accompagnait l’aube à Auschwitz, un mot étranger, attendu et redouté : debout, « Wstawac ». »

Jean Lenturlu

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