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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 20:24

Comment garder l’anonymat devant les dieux et les démons ?

Cette (fausse) question de Raymond Queneau, je me la pose aussi quand je suis sur scène et quand j’écris mes livres.

 

Je lis en ce moment « la fausse parole » d’Armand Robin et je reste, de stupeur extatique, sans voix :

« Certes, il y a des catégories d’hommes prêtes pour l’abattoir mental. En premier lieu, les intellectuels : étant le contraire des hommes de pensée, étant idolâtres de tout exercice cérébral impliquant promesse de domination sur d’autres consciences, ils sont tout désignés pour être les premiers servants d’une entreprise inédite tendant à séparer toute pensée du réel et à la contraindre à tourner en rond indéfiniment dans un même cercle, réduite à un ensemble de rouages dérisoires, mus de loin. Immédiatement après dans l’ordre des possibilités d’anéantissement psychique, les bourgeois (et d’une façon générale quiconque aime l’argent pour lui-même ou le pouvoir) sont tout désignés, eux aussi, pour abdiquer en faveur de cette dictature de la folie, toute leur vie ayant été déjà axée sur l’appétit de dominer et d’exploiter et cet appétit se rencontrant enfin avec l’opération tendant à jucher sur tout cerveau un démon d’une avidité invincible. »

 

Comme en écho de ce que décrit Armand Robin, cette déclaration limpide du Président de La Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, rapportée dans Le Canard enchaîné de cette semaine : « Si j’avais su qu’il était si facile d’acheter des consciences, je n’aurais pas acheté autant d’armes. »

 

Je bois pour me remplir d’amour.

 

Cette phrase écoutée dans un bar : « Des fois, je vais sur internet pour voir des billets de 100 €.

 

Conseil d’un ami :

Méfies-toi de ce que tu penses.

 

Jean Lenturlu

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 12:01

La magie laborieuse du livre qui naît à l’imprimerie.

 

« Les parents ne désirent rien d’autre que de vous attirer vers eux, vers le bas, vers ces temps anciens d’où l’on aimerait remonter avec un soupir de soulagement, naturellement, ils le veulent par amour, mais c’est bien cela qui est affreux. » Franz Kafka (lettre à Félice)

 

Comme des millions de personnes, j’ai la tête de l’inemploi.

 

La légèreté insouciante du père et la profondeur inquiète de la mère.

 

Ses yeux de braise avaient allumé mon désir mais sa tenue de pompier volontaire me dissuada de prendre feu.

 

Avoir de la peine inutile ou inutile d’avoir de la peine.

 

Cette grossesse molle l’acheva. Elle devint un édredon.

 

Il faudrait lire la télévision.

 

J’aime particulièrement les femmes qui furent belles.

 

La seule retraite que je défendrai est celle de Russie ( 1812)

 

Jean Lenturlu

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 13:12

Le 1er Août à la fête du livre de Saulieu, trouvé sur le stand d’un bouquiniste « Beylamour » d’André Pieyre De Mandiargues (Jean-Jacques Pauvert 1965) sur notre gros et délicat ami « Dominique ». Petit livre rouge sur « De l’amour » d’Henri Beyle où je tire ceci :
« Autant que dans l’air ou dans le soleil d’avril, ne trouve-t-on pas élévation et renouveau dans la fréquentation d’un esprit jeune, dans l’approche d’un jeune visage ? »  Trop tard pour l’insérer dans mon « journal de mémoires » qui va sortir mi-octobre. La fin du tunnel financier et artistique de cet été laborieux (dans tous les sens du terme).

Souvent (hélas), je médite cette question de Kafka : « N’avons pas bu un peu trop de vin ? »

A Bourg-en Bresse, devant la librairie du Théâtre, ce dialogue :
Elle : Vous êtes écrivain ?
Lui : Oui, et je suis aussi chanteur.
Elle : Vous passez à la télé ?
Lui : Non, vous voulez écouter une de mes chansons ?
Elle : Non, je n’ai pas le temps.

Je ne supporte pas l’oisiveté du couple, son côté bourgeois. La solitude m’aide à rester vivant.

J’aimerais lire des textes sauvages mais les écrivains ne sont-ils pas tous des auteurs domestiques ?

Je reste prostré derrière la beauté féminine.

Toute ma vie je serai moi aussi ce chercheur d’absolu :
« Je cherche à me rendre compte de cette passion dont tous les développements sincères ont un caractère de beauté. » Stendhal

Cette pensée de Jacques Prévert pour finir ce journal de campagne : « L’étoffe des héros est un tissu de mensonges. »

Jean Lenturlu

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 19:37

Mes progrès en amour ont des limites.

Cette pensée de Peter Handke dans ses carnets (À ma fenêtre le matin) : « Sans la parole, le regard n’est plus qu’une vaine espérance ».

Le livre, maintenant, avance sans moi. Il grandit à l’intérieur de l’ordinateur parce que Norayam l’arrose de son talent graphique.

Les dessins de Marc ont l’air d’avoir toujours existé à côté de ce texte qui déjà ne m’appartient plus …

Comme Tolstoï, je pourrai dire que j’ai fait guère épais en littérature.

Cette jeune fille un peu laide qui me déclare : « Moi, quand il pleut, j’ai une idée ! »

Conseil amical

Ignorer le père à défaut de le tuer.

Philanthropie : myopie de la générosité.

Le regard éteint, l’air contrit, il prend le livre, tourne les pages sans les lire puis le repose sans croiser mon regard.

Escargoter : baver lentement sur le dos des autres imbéciles qui nous entourent avec ceux qui nous sont sympathiques.

Etre amateur d’intelligence parce qu’on en manque.

J’ai beaucoup de reconnaissance pour tout ce qu’on n’a pas fait pour moi.

Pour finir ce carnet de campagne de juillet (un peu en retard), cette pensée de Giacomo Leopardi à méditer jusqu’en septembre : « Plus nous montrons de fermeté et de constance dans notre mépris de l’opinion d’autrui, plus vite ce qui fut condamné tout d’abord ou ce qui paraissait insolite sera considéré comme raisonnable et naturel ».

Jean Lenturlu

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 07:24

Cette belle phrase de Joubert dans ses carnets : « Les mots sont des gouttes de lumière. »

Tous ces amours impossibles qui s’éteignent comme des allumettes.

Mes vêtements élimés et d’une autre époque sont ce que je suis politiquement.

L’insurrection des oiseaux.

Est-ce que j’ai une tête à refaire ma vie ?

Ce nouveau livre en moi qui gesticule en silence et qui m’épuise la vie.

Coït intellectuel avec cette jeune femme à St Flour.

Mal commencer une histoire d’amour pour qu’elle se termine bien.

Derrière la brume de ses yeux gris, une lumière magnifique.

Elle me ligote avec sa langue.

Encore Joubert et comme lui : « Tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase et cette phrase dans un mot. »

Au temps de Voltaire (moitié XVIII siècle), la scène du théâtre français était alors occupée par des spectateurs assis sur des banquettes. Pendant la représentation de sa tragédie Sémiramis (1748), quand l’ombre de Ninus sortit de son tombeau (acte III scène 6) il y avait sur scène un tel encombrement, que la sentinelle dut crier : « Place à l’ombre ! » et que l’effet manqua. C’est seulement en 1759 que le duc de Lauraguais, au prix de douze mille livres, acheta des comédiens la suppression de ces banquettes importunes.

(Note dans « Choix de lettres de Voltaire »  Hachette 1905)

À méditer ce mois, ce conseil impératif de Louis Scutenaire : « Va reporter ta joie où tu l’as prise. »

Jean Lenturlu

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 19:11

Il fait beau, allons au cimetière. (Emmanuel Berl)

Dans « Vie et destin » de Vassili Grossman, cette phrase étonnante, page 193 : « Il ressentit la mort avec l’acuité et la profondeur dont seuls les enfants et les grands philosophes sont capables. »

Acte d’amour pur de ma petite fille Louise qui m’offre toutes les semaines des cailloux.

« Il fait froid et je transpire » murmure la femme étendue dans la neige avant de mourir.

Le volcan éteint, je regarde les cendres.

« Il faut pourrir l’image ! » s’exclame Gérard Gasiorowski.

Faire un nouveau livre creuse ma tombe et ne pas en faire accélère mon agonie.

Ce fut au début du XVIII siècle que les castrats, jusqu’alors employés uniquement dans les maîtrises religieuses, apparurent sur les théâtres profanes ; à Rome, d’abord, et cela par ordonnance du pape Innocent XI, qui expulsa de la scène les cantatrices et les remplaça par eux. Il y avait eu, en 1686, un scandale qui avait ému la Ville-Eternelle : une cantatrice, appelée Giorgina, était apparue qui avait tourné la tête à tous les hommes, et provoqué parmi ses adorateurs tant de désordres qu’on avait fini par la bannir des Etats pontificaux. Une mesure générale suivit celle-là, qui chassait les femmes du théâtre. Ce fut une victoire pour les castrats, qui remplacèrent les femmes dans l’opéra, à Rome, pendant quelques temps, et qui durant tout le XVIII siècle, jouèrent un rôle considérable dans le développement de la musique dramatique. « Beaucoup d’entre eux eurent une vie sentimentale agitée » rapporte René Bouvier. Le président De Brosses raconte que l’un d’eux alla jusqu’à demander au pape l’autorisation de se marier, sous prétexte que l’opération avait été mal faite.

La réponse du Saint-Père fut tranchante, si l’on peut dire : « Che si castri meglio. »  (Qu’on le châtre mieux.)

Marcel Brion « Mozart »

Inscrire sur ma carte de visite : voleur de femmes.

Faire un testament où je lègue ce que je n’ai pas.

Jean Lenturlu

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 19:21

Ce lundi matin, sur le marché de Billom, ce forain qui crie cette confidence à un collègue d’en face: « La vieille, elle en peut plus, à la baraque ! Trois jours que je dors sur le canapé avec le chien. »

Cette femme athée qui me confiait l’autre jour : « je suis une bredouille de bénitier. »

Bientôt connaître les affres de la jeunesse de l’âge mûr.

Pour moi, écrire, ce serait certains jours, recopier bêtement le code civil.

Ne pas mourir, être immortel, sera pour nos successeurs, un acte d’une lâcheté inacceptable.

Ces femmes qui trouvent mes chansons horribles pour les femmes sont-elles des femmes ?

L’écrivain Pierre Bergougnoux, ce lundi après midi à l’université Blaise Pascal, devant une vingtaine de faux étudiants, dont la majorité a dépassé la cinquantaine d’années et qui boivent les paroles souples et denses de cet homme frêle. Ses yeux noirs, un peu absents, regardent ailleurs quand il nous dit : « Je ne suis rien qu’une chose qui pense. »

Bonne question de José Corti dans ses « souvenirs désordonnés » et que je vous soumets : « Quel citoyen peut être assez confiant en son innocence – c’est à dire assez fou – pour se croire à l’abri de toute mésavenvature policière ? »

Marbrer dans le grave ces séquences violettes.

Tout dégringole autour de moi et je me sens grec.

Jean Lenturlu

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 05:59

 

Entendu cette auteure du terroir dans une fête du livre qui vantait ses livres en déclarant : « C’est pas du roman, c’est de l’authentique ! »

 

Louise qui me demande mon âge (49 ans) et qui me dit : « L’année prochaine, j’aurai un vieux papa et je serai une jeune fille ! »

 

Leur téléphone à la main, qu’ils regardent comme un miroir déformant.

 

Espoir d’amour à la manière de Lord Byron : « S’agissant d’une lady B. – le jour où j’en découvrirai une qui soit assez riche pour faire mon affaire et assez folle pour me vouloir, je l’autoriserai à me rendre malheureux si elle en est capable. » 

lettre à Augusta Leigh (2 septembre 1811)

 

« Si je suis partisan de l’idée monarchique, ce n’est pas simplement par aversion pour ce qui est campagne électorale, arrivisme, battage d’avocat ou de publiciste, mais par un sentiment inné, et parce que j’ai la conviction qu’il faut à la tête de l’Etat un homme profondémement responsable, exempt et préservé de tous les désirs, appétits et tentations de la vie commune, un homme « consacré » et non pas un arriviste parvenu au terme de son heureuse carrière. »  Walter Rathenau

 

Demain, je clame à toutes les femmes que je croise que je les aime.

 

J’ai enfin trouvé une forme de dignité à me mépriser moi-même.

 

Cette phrase définitive de Tolstoï en moi qui m’obsède quand je ne bois pas : « Où pourrions-nous aller pour être loin ? »

 

Je pense à elle quand j’écris ceci : « La radicale laideur de ceux que nous aimons. » (Grey Gowrie)

 

Ses yeux m’aiment mais son corps ne veut pas.

 

Jean Lenturlu

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 16:20

La tentative (vaine) d’avoir du talent.

La dernière semaine de ce mois de février :

4 nuits à ne pas dormir (lire énormément et veiller sur le sommeil de petits enfants éloignés de leurs parents)

3 spectacles ensuite et de belles rencontres

17 livres vendus

pour me retrouver dimanche soir tout à coup épuisé et seul.

Perdre tout dans la vie, sauf sa sensibilité.

Il faut aller voir ce qui dit Grisélidis Réal dans de vieux reportages disponibles sur Internet. Sa beauté coquine et sa voix m’exaltent.

Lire est une forme d’amour.

Cette pensée de Paul Léautaud dans une lettre qu’il écrit à Octave Mirbeau le 15 décembre 1907 et qui me va bien : « Cela, se montrer dans un livre l’homme qu’on est, les phraseurs ont beau dire, c’est la perfection littéraire. »

Cette phrase de Florence Aubenas dans son nouveau livre « Le quai de Ouistreham » :  Aujourd’hui on ne trouve pas de travail, on trouve « des heures ».

Dans son journal (qui me fait grandir) Jacques Copeau explique à sa petite fille le 4 mars 1912 : « C’est ainsi que ceux qui ont l’attention assez forte, assez égale, patiente et appliquée, voient et entendent des choses que les autres hommes n’entendent et ne voient. »

Il rajoute pour lui-même entre parenthèses : « Je pense à part moi que le meilleur du don de romancier, tel que je le conçois du moins, est là. »

Jean Lenturlu

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 15:42

Certains de mes amis n’aiment pas mon écriture intimiste. Ils me reprochent de me regarder le nombril. S’ils savaient qu’en fait, je regarde un peu plus bas…

Je pense à eux, à leur amour et je pleure de joie.

Le seul véritable cadeau que nous offre la vie : se donner la mort.

Me promener avec elle dans la campagne malgré mon aversion de la nature (cette chose verte qui m’empêche de respirer)

La volupté de savoir que personne m’attend.

Cette pensée cruelle mais juste de Baltazar Gracian dans « L’art de la prudence » que je machonne dans ma tête : « C’est le malheur ordinaire des malhabiles gens de se tromper dans leur choix de leur profession, de leurs amis, et de leur demeure. »

Joué à Lyon 2 soirs devant un public clairsemé et courageux. Je ne mérite pas la foule.

J’aime cette phrase de Jules Renard (journal) : « Pâle, comme si elle se nourissait de neige ».

Aucune envie de finir ce livre. Il va falloir que je me menace d’expirer ou que je m’enferme une semaine sans alcool. Dans cette société, vouloir rester un écrivain sans œuvre est inconcevable.

En moi, ce désespoir qui a la forme d’un lac.

Jean Lenturlu

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