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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 13:31

Exténué par diverses activités qui me rappellent que je suis mortel.

Le petit livre est sorti avec une maladie du papier (le papier munken est de santé fragile quelquefois). 600 exemplaires (sur mille) ont été sacrifié avec tristesse et rage. Passé des heures à trier les malades des biens portants. Puis arrive une forme larvée de résignation qui voudrait en sauver un ou deux quand même malgré leurs défauts. Ne pas céder à la compassion. Tous ces exemplaires avortés sont en moi.

Les nouveaux, tous beaux, inconscients de leur chance d’exister, seront avec nous fin décembre…

Dans le livre « La société contre l’état » de Pierre Clastres, cette remarque très intéressante de Francis Huxley à propos des Urubu (société primitive d’Amazonie) : « C’est le rôle du chef d’être généreux et de donner tout ce qu’on lui demande : dans certaines tribus indiennes, on peut toujours reconnaître le chef à ce qu’il possède moins que les autres et porte les ornements les plus minables. Le reste est parti en cadeaux. »

Je pense en souriant à tous mes amis poètes que je fréquente dans les salons du livre (sans oser les lire) en recopiant cette note historique d’Alberto Manguel dans son livre « La bibliothèque, la nuit » : « A Lyon, à la fin du 1er siècle, une loi rigoureuse exigeait qu’après chaque concours littéraire, les perdants soient contraints d’effacer avec leurs langues leurs tentatives poétiques, afin que ne subsiste aucune littérature de deuxième ordre. » Je verrai bien la même chose pour tous nos prix littéraires avec cette variante : manger le livre.

Ces jeunes enfants que je veille la nuit me donne de l’amour en dormant.

Les lettres de la princesse de Palatine sont cocasses et dramatiques. Belle sœur du Roi soleil, marié à Monsieur qui préfère ses mignons, elle pose sur la société qui l’entoure, un regard de prisonnière rebelle et fataliste du sort d’être ce qu’elle est. Cet extrait d’une lettre à la duchesse de Hanovre du 3 mars 1695 : « Il n’est, hélas ! que trop vrai que les morts ne reviennent pas. Le prince de Conti m’avait formellement promis, trois semaines avant sa mort, que, si c’était possible, il reviendrait m’apporter des nouvelles de l’autre monde, mais il n’est pas revenu. »

Ma tentative de définition de la littérature prise dans le journal d’Amiel (11 Août 1865) : « Mes pas semblent aimer à fouler le cimetière de mes impressions disparues. »

Bientôt, 8 aphorismes et dessins, mis en scène graphiquement par Norayam Amrouni, seront des cartes postales. Ils voyageront par la poste, avec au verso des mots écrits à destination d’êtres aimés…

Pour finir ce journal de novembre (en retard) cette pensée magique de Malcom de Chazal (sens plastique) : « Bruit de coquillage qu’on écoute. La vague chuchote dans l’oreille du vent ».


Jean Lenturlu

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Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
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