Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 14:26

Un spectateur, au bar du Jardingue après le concert, qui me déclare : « Toutes les conneries, c’est la nuit que je les pense ».

 

Ce que je déteste dans un livre, c’est sentir la sueur du cerveau.

 

Le contentement replet de sa progéniture.

 

La fatigue d’avant chanter et la légèreté d’être après…

 

Dans le journal de Jacques Brenner (mardi 4 octobre 1977) :

« En fin de repas, Ionesco se tourne vers une dame qui se trouve seule à la table voisine. « Pardon, madame, n’étiez-vous pas à Vichy en 1942 ? – Non, monsieur. – Je vous ai vue, vous étiez à bicyclette et le vent soulevait vos jupes. Vous étiez éblouissante. – Je n’étais pas à Vichy en 1942. – Ah, madame, je ne vous oublierai jamais. »

 

J’aurai bien aimé rencontrer Emily Jane Brontë dans les landes du Yorkshire.

Je n’entends qu’une voix lointaine qui murmure :

« Dans la nuit des donjons je ne puis pas chanter ;

Dans l’étau de la peine il est dur de sourire :

Quel oiseau prendrait son essor l’aile brisée ?

Quel cœur ensanglanté pourrait se réjouir ? »

 

Cette femme dans un bar de quartier dans le centre de Saint - Etienne qui boit à midi des whiskies coca et qui déclame : « Si j’avais un mari, je serai à la maison ! »

 

Cette belle phrase mystérieuse de Léonard de Vinci : « Passé quarante ans, un homme est responsable de son visage. »

 

Ce conseil de Joubert pour finir ce journal du moi (non, ce n’est pas une faute d’orthographe) :

« Souviens-toi de cuver ton encre. »

 

Jean Lenturlu

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Lenturlu - dans Journal de Campagne
commenter cet article

commentaires

astrid 03/04/2011 16:49


la sueur de l'écrivain
voilà le texte de Mallarmé, sa sueur sent bon à mes narines

Narrer, enseigner, même décrire, cela va et encore qu'à chacun suffirait peut-être pour échanger la pensée humaine, de prendre ou de mettre dans la main d'autrui en silence une pièce de monnaie,
l'emploi élémentaire du discours dessert l'universel reportage dont, la littérature exceptée, participe tout entre les genres d'écrits contemporains.

A quoi bon la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire selon le jeu de la parole, cependant; si ce n'est pour qu'en émane, sans la gêne d'un proche ou concret
rappel, la notion pure.

Je dis: une fleur! et, hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l'absente de tous
bouquets.

Au contraire d'une fonction de numéraire facile et représentatif, comme le traite d'abord la foule, le dire, avant tout, rêve et chant, retrouve chez le Poète, par nécessité constitutive d'un art
consacré aux fictions, sa virtualité.

Le vers qui de plusieurs vocables refait un mot total, neuf, étranger à la langue et comme incantatoire, achève cet isolement de la parole: niant, d'un trait souverain, le hasard demeuré aux termes
malgré l'artifice de leur retrempe alternée en le sens et la sonorité, et vous cause cette surprise de n'avoir oui jamais tel fragment ordinaire d'élocution, en même temps que la réminiscence de
l'objet nommé baigne dans une neuve atmosphère.


Jean Lenturlu 05/04/2011 11:43



bonjour Astrid


merci pour ce petit texte !


Hélas, il ne me réconcilie pas avec les ébénistes de la littérature. Tout en respectant tes affinités (et heureusement que nous sommes différents !) je ne suiis pas très sensible à la préciosité
du style et au vocabulaire un peu "emprunté" de Mallarmé.


Par contre, j'aime beaucoup Proust car je sens dans ses longues phrases la vraie vie......


bises


Jean



Bienvenue

  • : Le blog de Jean Lenturlu
  • Le blog de Jean Lenturlu
  • : Journal mensuel du noteur (et chanteur) Jean Lenturlu
  • Contact

Jean Lenturlu

  • Jean Lenturlu

Concerts

 

 

 

Retrouvez les livres et les chansons de Jean Lenturlu sur www.mapetitedistribution.com

 

 

Recherche

Rubriques